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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Chère S.,

Dans ton projet entrepreneurial, on sent qu’il est animé par une série de motivations extrêmement profondes.

C’est sans doute un trait qui a toujours existé, mais qui se développe et s’amplifie de nos jours, en particulier chez les jeunes : l’envie que son projet fasse sens, que ce ne soit pas uniquement pour « gagner du fric ».

C’était d’ailleurs le thème dominant du récent Sommet de l’Etudiant Entrepreneur, organisé par le VentureLab à Liège : « entrepreneuriat & quête de sens, un duo gagnant pour les nouvelles générations ».

On a pu y voir et entendre des témoignages d’entrepreneurs « habités » par leur mission, en premier chef desquels il y avait Salvatore Curaba, le fondateur et patron de EASI. Ce dernier met en avant une vision de l’entreprise qui soit avant tout un lieu d’épanouissement, de progrès pour les collaborateurs. Et qui lie ce « bonheur au travail » à la performance : des employés qui se sentent valorisés, estimés, alignés sur une mission partagée, aimés même (oui, il ose ce mot), vont déployer leur potentiel de façon plus efficace dans l’entreprise.

D’autres témoignages varient, mais convergent sur ceci : remettre l’humain au centre, et sa capacité à nourrir des relations riches et pleines de sens avec ses partenaires, collaborateurs, clients.

La quête de ces nouveaux entrepreneurs pourrait être synthétisée dans ce que les japonais appellent « ikigai », qui est l’intersection de quatre cercles :

- Ce que l’on aime faire

- Ce dans quoi l’on est bon

- Ce dont le monde a besoin

- Ce pour quoi l’on peut être payé

On voit rapidement que s’il manque un des facteurs, …quelque chose d’essentiel n’est pas présent : il ne suffit pas d’aimer faire quelque chose mais encore d’y exceller, par exemple !

Aligner ces facteurs n’est pas une recherche béate du bonheur : c’est un véritable effort. D’abord un travail sur soi, à bien se connaître en profondeur (« Deep inside », comme le dit un autre atelier du VentureLab), comprendre ses craintes, ses motivations, et les clés de personnalité qui sont les conditions de collaboration. Ensuite seulement, aller à la rencontre des besoins de monde et du marché.

Il y a quelque chose de profondément réjouissant à voir ces jeunes s’engager sur des voies entrepreneuriales qui ont du sens, pour eux, et pour la planète. On a longtemps peut-être cru que c’étaient les grandes entreprises qui dirigeaient le monde. Mais il ne faudrait pas sous-estimer la puissance de fond de milliers, de millions d’entrepreneurs habités par un profond sens de leur vision et leur mission.

R.