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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Cher R.,

Lancer une startup est dur. Il n’y a pas de ticket d’entrée particulier, il ne faut pas avoir fait une école de gestion, mais cela implique une mentalité particulière, et énormément de travail.

Désolé si ça bat en brèche le rêve un peu « lifestyle » de l’entrepreneuriat pour tous, comme si ça pouvait se faire en dilettante. Oui, c’est accessible, mais au prix d’un effort tout particulier.

Pour le Mont Blanc, ou pour une performance sportive, on comprend que cela requière des mois ou des années d’entraînement, mais trop d’entrepreneurs en herbe s’attendent trop souvent à ce qu’une startup soit une simple partie de plaisir.

Je peux plaider (en partie) coupable : je joue aussi dans la « caravane du tour » de l’animation d’entrepreneurs, qui vise à rendre ça sympa, brillant, accessible. Et il y a une grande demande : plus que jamais, l’idée de créer sa propre activité est très présente dans une large portion de la population.

Mais quand j’en ai l’occasion, j’insiste aussi sur le côté moins brillant de la médaille : les efforts que cela demande, le coût que le lancemetn d’une startup peut faire peser sur le sommeil, la santé, les relations amicales et amoureuses…

Encore davantage qu’un employé ou un manager, un entrepreneur est quasi obligé de se tenir à une forme de développement personnel. Outre la base qu’est une hygiène de vie (alimentation, sommeil, sport), il va devoir se lancer dans un travail –jamais achevé- sur soi, dans une série de plans : connaissance de soi, gestion de l’humeur et du stress, relations interpersonnelles, gestion des priorités,… en plus des compétences « techniques » en business modèle, marketing ou gestion.

En fait, l’entrepreneur est le plus grand atout de son entreprise en démarrage… mais il en est également le maillon faible !

Ou plutôt : un défaut rédhibitoire peut réduire à néant bien des qualités et des efforts dans d’autres domaines. Dans mon travail de coach ou d’investisseur, je rencontre souvent des entrepreneurs bardés de qualités, qui semblent avoir bien pigé la vaste majorité des compétences entrepreneuriales… et qui poutant chutent. Souvent pour un trait de personnalité (désordonné, impulsif, colérique, accapareur,…) qui remonte à l’enfance ou l’adolescence, et qui n’est abordé dans aucun programme d’accélération !

Les remèdes à cela ? Ils sont accessibles : savoir recevoir un feedback, prendre un coaching, faire un travail sur soi.

Et bien entendu, savoir former ou intégrer une équipe soudée, avec des personnalités complémentaires, ce qui reste la panacée.

R.