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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Chère C.,

Ton email soulève un point qui est rarement abordé de manière consciente par les entreprises, en particulier les startups.

La notion de « culture d’entreprise » m’a semblé pendant longtemps appartenir plutôt au monde des multinationales, et relever souvent de grandes déclarations de valeurs, dont les employés ont tendance à se moquer (comme on le voit dans les cartoons « Dilbert »).

Je réalise à présent que si on la comprend correctement, non seulement la culture d’entreprise existe bel et bien chez les startups, mais en constitue un élément essentiel.

Il existe bien des façons de la définir, alors qu’elle est par nature difficile à cerner. C’est un ensemble d’attitudes, d’échelles de valeur, de façons de communiquer,

Les américains diraient « it’s the way you show up » : c’est la façon dont vous réagissez aux circonstances.

Chaque startup aura sa façon propre de réagir.

Certaines entreprises sont très orientées « produit », avec une attention maniaque à des détails d’interface, etc. Ou d’autres ont une orientation « services », où l’on insiste sur le côté cousu main des interventions auprès des clients.

Les modes de communication et d’interaction vont également définir la culture : pour certains, tout passe par l’email, alors que d’autres vont préférer les interventions informelles en direct.

Au final, la culture, c’est la somme de toutes ces petites choses qui construisent la fierté des employés, la raison pour laquelle ils se lèvent le matin, la confiance qu’ils ont les uns dans les autres.

Dans la cas d’entreprises comme Apple ou Google, cette culture sera forte au point de marquer les gens, et de rester avec eux, mêmes des années après qu’ils aient quitté l’entreprise.

En tous cas, il est bon de garder à l’esprit une citation de Peter Drucker, un des papes du management : « culture eats strategy for breakfast ».

On signifie par là que même si vous avez élaboré une stratégie magnifique sur papier, si votre culture d’entreprise ne comprend pas les dispositions et les attitudes pour l’exécuter, c’est voué à l’échec.

Au final, la culture transparait le plus et le mieux dans la façon dont une startup traverse l’adversité : serre-t-on les coudes, ou est-on dans le jeu du blâme ?

Les grandes équipes se construisent sur la capacité à faire preuve de confiance, de courage, et de solidarité, aussi et surtout quand les circonstances sont difficiles.

R.