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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Chère A.,

La rentrée n’est pas réservée qu’aux écoliers et étudiants : après l’hiatus de l’été, septembre marque la rentrée dans quasi toutes les professions et industries (et la rentrée de cette chronique).

Rechargé par les vacances, c’est peut-être le bon moment pour mettre en pratique de nouvelles habitudes.

En voici une qui me semble particulièrement nécessaire, et qui m’est venue par la lecture de “Deep Work” de Cal Newport. Ce dernier, qui jongle avec brio entre ses responsabilités de prof dans une grande université, de mari et de père, d’auteur, dénonce le côté déconnecté que l’on rencontre dans de nombreuses tâches professionnelles.

Nos bureaux sont remplis de travailleurs qui font ce qu’il appelle du « shallow work », du travail « de petite profondeur », des tâches quasi automatiques, que l’on peut faire sans guère réfléchir. Des petites tâches souvent interrompues par mille distractions, notifications (qui sont du poison pour une attention soutenue).

Cal Newport préconise le Deep Work, une forme de travail dans l’intensité, la durée, la profondeur. Qui présuppose d’abord la maîtrise approfondie d’une compétence, et puis de consacrer de grandes tranches, de deux heures, d’une demi-journée, à du travail intense. Et qui vient aussi avec la recommandation de couper tous réseaux sociaux et notifications,

C’est comme cela qu’on peut pondre un plan stratégique, écrire un bouquin, ou un business plan.

Un conseil qu’il préconise peut sembler contre-intutif : c’est de planifier… les temps de distraction ! Il est illusoire de croire que l’on va résister toute la journée à des moments de distraction (comme « checker Facebook ») : autant donc carrément le planifier (et le limiter) dans la journée.

C’est aussi reconnaître qu’il y a des moments plus propices au deep work (typiquement le matin), et d’autres où l’on peut s’adonner au shallow work pour les tâches routinières plus banales.

On ne peut pas s’empêcher de faire le lien avec le « flow », tel que décrit par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, cet état de fluidité dans l’effort qu’il a retrouvé chez les grands sportifs, les grands artistes, et travailleurs. Et qu’il attribue en bonne part à la capacité à se fixer des challenges qui ne sont ni trop difficiles (ça mènerait au stress), ni trop faciles (ça mène à la lassitude).

Voilà chère A., j’espère que ces quelques sources et inspirations ont pu te stimuler à intégrer cet état de « flow » dans tes habitudes, pour parvenir à accomplir ce « deep work » qui peut certainement t’aider à faire un grand pas vers le succès.

R.