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Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Cher T.,

En cette saison de rentrée, un « marronnier » n’étonnera pas. Je voulais parler de ce sujet bateau qu’est la présence, en particulier en ligne, que peut ou que devrait avoir un entrepreneur.

Les invitations ne manquent pas : on va trouver nombre d’articles ou d’ateliers qui vont proposer « 10 trucs pour accroître les likes sur votre page Facebook », « comment relifter votre profil LinkedIn pour davantage d’engagement », ou « 5 astuces pour que l’on ouvre vos emails ».

Il y a sans doute des plans tactiques utiles dans ce genre d’articles. Mais je voudrais revenir avec quelques éléments de stratégie.

Tout d’abord reconnaître l’importance du sujet : quand on démarre une activité, la principale ressource dont on dispose est généralement… soi-même.

Ce que l’on vend avant tout, avant même un produit, ce sont les capacités uniques que l’on a de résoudre un problème, grâce à des talents, un sens du service particulier,…

Première chose : être présent. Cela semble évident, mais trop souvent encore, quand on tape le nom d’une entreprise en démarrage ou TPE, on ne trouve quasi rien. « 80% of success is showing up » disait Woody Allen : simplement être présent, et trouvable peut déjà changer la donne.

Ensuite, de plus en plus, le public est sensible aux valeurs que l’on incarne. Dans sa célèbre vidéo « Start with Why », Simon Sinek insiste : « people don’t buy what you do, they buy why you do it ». Les gens n’achètent pas ce que vous faites, mais la raison pour laquelle vous le faites.

L’essentiel des bonnes attitudes et des bons réflexes à avoir sur le Net avait déjà été très bien capturé par un texte pionnier, le « Cluetrain manifesto », sorti dès 1999, et qui a fort bien vieilli.

Parmi 95 thèses lapidaires : « Les marchés sont des conversations » ; « les conversations entre humains se conduisent dans une voix humaine, elles sonnent humain ».

Avec ces simples guides, on peut déjà comprendre tant de choses utiles dans la présence qu’il s’agit d’avoir en ligne : mieux vaut être authentique (une vidéo simple) que policé (une vidéo trop « corporate », trop léchée).

Il ne s’agit pas de « pousser » son message, mais également d’être à l’écoute ; contrairement aux médias de masse, le web et en particuliers les réseaux sociaux sont bi-directionnels : on y parle, mais le public répond.

En étant à l’écoute de ces voix de retour, on boucle la boucle vers une saine application de l’approche lean startup : élaborer son produit avec un feedback près du marché.

Une présence, authentique, engagée dans une conversation avec ses utilisateurs (potentiels) : sans cette base, les listes de trucs et astuces vont rester vaines…

R.