Digital

Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.

Chère S..,

Face aux manifestants en gilets jaunes, je ne vais pas prendre position pour ou contre, bien au contraire. Mais je me suis demandé si les entrepreneurs devaient avoir un mouvement, quelles seraient leur revendications.

Les entrepreneurs ont souvent des individualités fortes, donc ils ne seraient déjà pas faciles à coaliser autour d’une idée (pour qualifier l’activité de coach de startups, j’ai entendu aux Etats-Unis l’expression « herder of cats », meneur d’un troupeau de chats).

Bien sûr, certains vont sans doute plaider pour moins de taxes, d’autres insisteront sur la simplification administrative.

Une autre race va demander « plus de moyens ». Cette demande, que je peux trouver légitime quand elle émane d’un hopital ou d’une école, elle me rend suspicieux quand elle émane d’une startup. Ca ressemble souvent à une demande d’argent « gratuit », qui tomberait du ciel. Donc des pouvoirs publics. Il existe pourtant déjà un paquet d’aides (trop, diraient certains).

Des subsides peuvent donner un coup de pouce transitoire, mais ne peuvent jamais assurer la viabilité d’un business model.

Si un projet nécessite un financement de départ, sur un bon dossier et une bonne équipe, cela peut se financer en prêt (à la banque), ou en capital (chez un investisseur ou business angel).

Les entrepreneurs les plus vaillants que j’ai rencontrés, n’attendent quasi rien de l’extérieur. Ils ont compris que la meilleure ressource est intérieure : il s’agit d’eux-mêmes, de leur capacité à rebondir, à s’acharner, à mettre le pied dans la porte, à travailler de longues heures (avec la sagesse d’éviter le burnout aussi).

Cela se remarque aussi dans les interactions avec des entrepreneurs coachés. Les plus autonomes se contentent de très peu : il suffit d’ouvrir une porte, de laisser tomber un nom, et ils s’engouffrent dans l’opportunité. Avec une foi en eux-mêmes, en leur projet, qui comme on le sait, peut déplacer des montagnes.

Par contraste, les plus assistés demandent à ce que tout leur soit pré-maché, reviennent à charge, et se plaignent beaucoup. Ils attendent que le salut vienne de l’extérieur : du marché, d’une aide de l’état, d’un coach dont on attend tout.

Pour l’avoir vue à l’œuvre des centaines de fois, la meilleure ressource de l’entrepreneur : c’est lui-même, c’est elle-même.

R.