Digital

Une contribution de Roald Sieberath, Multi-entrepreneur, startup coach et venture partner pour LeanSquare, et Professeur invité à l'UCL et à l'UNamur.


Cher T.,

« Le monde change ». Voilà qui sert de premier slide à bon nombre de mes présentations, et ce depuis 10 ans. J’ai l’impression de répéter, avec des notes plus technologiques, ce que disait déjà Luc de Brabandere, dans ses cours que je suivais à Solvay ou à Louvain, quand il nous éclairait des réflexions d’Héraclite (dans ces colonnes, aussi).

Le changement est une constante, certes, mais sa vitesse semble accélérer avec le temps.

La « transformation numérique », pourtant annoncée et visible depuis 20 ans (relire le « Being Digital » sorti en 1995, par Nicholas Negroponte, l’ancien boss du MIT MediaLab) semble prendre beaucoup de secteurs de vitesse, et « disrupter » les business établis, au profit de startups ou concurrents plus rapides, plus agiles.

Cette vitesse se remarque aussi pour les grandes entreprises : les géants du numérique (GAFAM) ont en une décennie rattrapé et dépassé les valeurs des industries les plus établies (automobile, banque, télécoms,… )

Du « Fortune 500 » (les 500 plus grosses boites américaines) de 1955,… seules 60 subsistent aujourd’hui, le reste ayant dérapé du tapis roulant de l’innovation, et on annonce que 40% vont encore disparaître dans les 10 prochaines années…

Que peut faire l’individu, pour surnager au milieu de tels changements ?
Apprendre. Toujours apprendre. Au minimum 5 heures par semaine (la « 5-hour rule »)

A l’image de nombreux capitaines d’industrie et leaders, de Bill Gates à Mark Zuckerberg (qui lisent entre 25 et 50 livres par an), en passant par Warren Buffet ou Barack Obama : tous lisent plusieurs heures chaque semaine.

Les MOOCs (Massive Online Open Courses, les plate-formes d’apprentissage en ligne) sont une autre révolution de l’apprentissage : edX, Coursera ou FUN mettent les cours des meilleures unifs à notre portée, gratuitement.

En particulier dans les domaines les plus pointus, comme l’AI (Intelligence Artificielle), le capital intellectuel se construit plus vite que le capital financier. Sebastian Thrun, ancien prof d’AI à Stanford et patron du projet Google self-driving car, pointe l’ascension de Otto, de camions auto-pilotés, qui a été racheté par Uber pour 700 millions avec 70 ingénieurs, après moins d’un an d’existence…

On le sait : les métiers de demain sont en train d’être inventés, la valeur des savoirs anciens s’effrite rapidement. Celui qui ne se forme pas régulièrement est à risque de glisser vers le bas d’une échelle de compétences utiles pour ce monde en perpétuel changement.

« Apprendre à apprendre » est LE talent dont nous devons faire preuve. Et encore davantage : le mettre au cœur de notre système d’enseignement.

R.