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La start-up bruxelloise ListMinut a fait l’actualité, cette semaine, avec l’annonce d’une troisième levée de fonds pour cette plateforme de services de proximité créée en 2013.

Lorsque, voici un an, nous avions croisé le jeune CEO Jonathan Schockaert au salon Viva Tech, à Paris, il avait évoqué une levée de fonds de l’ordre de 2 millions d’euros. L’objectif était alors de dupliquer le modèle dans la capitale française. Un an plus tard, ListMinut a bouclé une levée de "Série A", mais elle n’est "que" de 850 000 euros.

ListMinut, qui avait déjà levé précédemment un total de 500 000 euros, aurait-elle revu ses ambitions à la baisse ? Oui et non… D’une part, la plateforme - qui permet à un particulier de trouver un prestataire de petits services (jardinage, électricité, repassage, cours particuliers, etc.) - a bien tenté sa chance à Paris; mais, vu le coût d’acquisition élevé d’utilisateurs, la start-up a dû rapidement rebrousser chemin. "Il nous aurait fallu de gros moyens pour nous imposer à Paris", concède Jonathan Schockaert. "Nous n’étions sans doute pas encore prêts pour aller à l’international."

D’autre part, tirant profit d’une rencontre avec deux investisseurs privés belges, l’équipe de ListMinut a eu l’intelligence d’ajuster sa stratégie de développement afin de rendre le "business model" plus stable et plus robuste. "Le choix a été fait de travailler sur le coût d’acquisition et la valeur d’un utilisateur. Nous voulons prouver que ListMinut peut être rentable en Belgique avant de dupliquer le modèle ailleurs." Autrement dit, la start-up a préféré faire un petit pas en arrière pour mieux franchir l’obstacle de la croissance.

"Aujourd’hui," conclut Jonathan Schockaert, "je suis intimement convaincu que ce choix sera plus générateur de valeur que si nous avions levé 2 millions d’euros auprès d’un fonds de capital-risque étranger." P.-F.L.