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60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec leur portrait et les avis du coach Ben Piquard, directeur de LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Marie-Cécile Van Ecke, directeur général Retail&Private Banking Bruxelles, et Marie-Noëlle Rainchon, directeur Banque des Entrepreneurs Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".



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PORTRAIT de Godzilist

Musicien, interprète, auteur, compositeur, producteur,… Et, à présent, entrepreneur. Son nom d’artiste, c’est Matt Bioul; côté business, Matthieu Van Der Bruggen. La start-up Godzilist qu’il a créée au printemps 2015 avec deux amis est partie d’un petit jeu consistant à dresser des “top 5”. Typiquement : quels sont vos 5 films préférés, vos 5 restos préférés, etc. Le registre est inépuisable. Le jeu s’est rapidement traduit en projet entrepreneurial. “Fin juillet 2015, on a sorti un site comprenant 10 000 “top 5” différents, répartis en plusieurs rubriques : musique, cinéma, voyage, people, sport, etc., raconte M.Van Der Bruggen.

Depuis lors, tous les jours, on va poster un “top 5” sur Facebook en fonction de l’actu.” Ainsi, cette semaine, on a eu droit aux 5 plus gros ratés d’Obama, aux 5 vainqueurs des Golden Globes,… Chaque top renvoie vers du texte, des photos et, surtout, des vidéos (dont les internautes raffolent !). Godzilist agit à la fois comme producteur et curateur de contenus. Le succès auprès des internautes francophones (Belgique, France et Maghreb) a été rapidement au rendez-vous. “Le mois dernier, on a décidé de nous lancer en Thaïlande. On va aussi se lancer au Vietnam et en Indonésie.” En décembre, la plateforme a frôlé les 2,4 millions de pages vues ! Pour fin 2017, l’objectif est d’atteindre la barre des 10 millions.

Outre l’acquisition de “users”, la priorité de Matthieu Van Der Bruggen est désormais de monétiser cette audience et de construire un “business model” permettant au projet de grandir. Dans l’attente de revenus, Godzilist devrait pouvoir compter sur une levée de fonds de 350 000 euros auprès d’investisseurs belges, privés comme publics.


AVIS DU COACH

  • En général:

Le nom évoque Godzilla, le monstre qui dévore tout sur son passage. Avec du contenu “snack”, c’est-à-dire qui se consomme sans faim et sans être très consistant (comme les sites de buzz), de tels sites parviennent à rattraper rapidement des sites établis qui proposent des contenus “sérieux”. Godzilist s’applique toutefois à faire ses “top 5” d’une façon qualitative, avec une véritable info. Les chiffres de visites et la croissance sont impressionnants, de même que la dynamique à aller ouvrir des marchés en Asie. La monétisation commence à peine, et va explorer diverses variations et gradations de publicité, de contenus sponsorisés, etc.


  • Evaluation:

Idée :☺☺

Business modèle :☺☺

Traction client :☺☺☺

Finançable :☺☺

  • Feedback:
Si l’on regarde des comparables, comme Topito en France (qui emploie 10 personnes), on se dit que la sauce pourrait prendre. Mais il s’agit de bien gérer les paramètres : garder les coûts fort bas, rédiger le contenu, accélérer le marketing et, éventuellement, ajouter de nouvelles capacités (comme du gaming). Réfléchir à cinq ou six lignes de revenus potentiels est intéressant mais, dans la pratique, ce sera sans doute 80/20; la majorité des revenus provient d’un ou deux modèles. Ce sont ceux-là qu’il s’agit de découvrir et d’amplifier.


AVIS DE L'EXPERT

  • En général:

Avec près de 2,4 millions de vues par mois, la traction client est forte et pourrait encore être développée par une application mobile dédiée, même si son coût est important. La start-up désire développer son modèle par des top 5 que les utilisateurs pourraient eux-mêmes créer, mais aussi par l’approche d’annonceurs qui pourraient se servir de ces tops pour promouvoir leur marque. Les données transitant par le site pourraient également servir à générer une source de revenus en cas de revente de ces informations, même si la start-up désire se concentrer sur du “better data” plutôt que sur du “big data”.

La recherche de rentrées financières chez les annonceurs est primordiale dans la récolte de revenus dans le sens où le digital, dans les entreprises, est primordial et encore peu développé à ce jour. Le monde de la publicité est lui aussi en pleine mutation et cette start-up pourrait bien en profiter, le tout de manière très ludique pour le consommateur final.

Des fonds ont déjà été levés et permettront à la start-up de se développer cette année, qui sera charnière et déterminante pour la poursuite des activités et viabilité du projet à plus long terme.


  • Evaluation:

Idée :☺☺☺☺

Business modèle : ☺☺☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺☺