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60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec leur portrait et les avis du coach Ben Piquard, directeur de LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Marie-Cécile Van Ecke, directeur général Retail&Private Banking Bruxelles, et Marie-Noëlle Rainchon, directeur Banque des Entrepreneurs Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".



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PORTRAIT de Guérin-Boutron

Une start-up n’est pas condamnée à recourir au numérique pour exister. La preuve, ici, avec un projet visant à redonner vie à une prestigieuse marque française de chocolat, tout en l’ancrant dans des valeurs contemporaines comme le développement durable, le commerce éthique et le respect des droits humains. Le projet est né à la suite du rachat, par Johan Domas-Conzemius de la marque Guérin-Boutron. “Cette marque a été fondée en 1775. C’est la plus ancienne maison de fabrication de chocolats en France”, expose Clément Dumas, partenaire du projet. L’entreprise tomba en faillite au début des années 1940.

L’idée est de relancer la fabrication de chocolat de luxe, sous la marque Guérin-Boutron, dans le respect des traditions. “Nous voulons le faire dans le respect d’un commerce équitable et solidaire permettant de soutenir les producteurs de cacao et les plantations en veillant à développer un bien-être social, économique et environnemental de la communauté.” Cette communauté est celle des producteurs de cacao située dans la région du Sanwi, en Côte d’Ivoire. Ce pays renferme de l’ordre de 70 % de la production mondiale de cacao.

Le projet consiste à offrir une alternative à la filière actuelle, contrôlée par un très petit nombre de grands groupes privés, en fédérant les producteurs et les coopératives locales. “Notre démarche, à la fois durable et éthique, vise notamment à mettre un terme à l’esclavage des enfants dans la région du Sanwi. Ils sont mis au travail très jeune et, à 40 ans, ils sont complètement épuisés”, indique Clément Dumas. A ce stade, toutefois, la relance de Guérin-Boutron reste encore largement au stade des belles intentions.


AVIS DU COACH

  • En général:

Ça démarre fort, avec une chouette idée : remettre au goût du jour une ancienne marque de chocolat française, de la “glorieuse” époque des colonies françaises : aider les populations locales cultivant le cacao à obtenir un meilleur prix de leurs récoltes et le faire dans des conditions positives de non-exploitation des enfants. Nous sommes dans un “fair trade business”, avec une proposition de valeur qui dépasse le produit et s’inscrit dans un choix de société. La suite du projet est toutefois à construire. Faut-il devenir une marque de chocolat (ce que l’équipe nous a présenté), travailler avec des chocolatiers ou proposer les meilleures fèves de cacao, ou encore les plus éthiques du marché? Toutes ces questions doivent être posées et il faut prendre le temps de construire le projet sur les atouts des porteurs de projets, dont de nombreux contacts sur place.


  • Evaluation:

Idée :☺☺☺

Business modèle :☺

Traction client :☺

Finançable :☺☺

  • Feedback:
Pour ce type de projet, avec une belle (voir noble) idée et une équipe encore peu expérimentée, je recommande de prendre le temps de se documenter sur le lancement d’un projet de start-up. Il existe de nombreux outils pour cela. Exemples : des cours en ligne (notre coach Ben Piquard propose, sur Udemy, “Mon Projet de Start-up tient-il la route ?”) ou des ateliers.


AVIS DE L'EXPERT

  • En général:

Le projet présenté comporte plusieurs dimensions et les idées sont encore confuses. Va-t-on fabriquer du chocolat, importer les fèves ou créer un projet pour le commerce équitable des cultivateurs de cacao dans une région de Côte d’Ivoire ? Vouloir faire revivre une ancienne marque renommée pourrait faciliter le développement du commerce, mais le business model doit clairement être approfondi et sans doute simplifié, car devenir chocolatier ne s’improvise pas et les coûts sont importants.

D’autres pistes existent, mais doivent encore être réfléchies entre associés. Nos créateurs doivent s’entourer d’experts et creuser les différentes pistes, tant auprès de chocolatiers que des associations existantes sur le commerce équitable avec la Côte d’Ivoire.

Une fois le projet bien défini, l’étude marketing et financière pourra démarrer. Il est clairement prématuré d’avancer le moindre chiffre sans avoir une vue bien plus précise de l’objectif et de la stratégie à mettre en place.


  • Evaluation:

Idée :☺☺

Business modèle : ☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺