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60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec leur portrait et les avis du coach Ben Piquard, directeur de LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Marie-Cécile Van Ecke, directeur général Retail&Private Banking Bruxelles, et Marie-Noëlle Rainchon, directeur Banque des Entrepreneurs Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".



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PORTRAIT de Imook

Alors que la Foire du livre pointe à l’horizon, voici un projet dont l’ambition est de redonner de la visibilité au livre “papier”, tant du point de vue des éditeurs que des lecteurs. “Le constat est double”, explique François van Derton, managing partner d’Imook, start-up lancée au sein du studio bruxellois Barefoot. “D’une part, Amazon est en train de récupérer tous les métiers de l’édition. Si les éditeurs ne réagissent pas, ils vont connaître de gros soucis. D’autre part, on assiste à une diminution de la visibilité des livres et à un recul de la lecture, alors même qu’on édite deux fois plus de livres depuis 1990 !”

M. van Derton a pris le temps de sonder un bon millier de lecteurs francophones et les principaux éditeurs (Editis, Média Participations, Gallimard,…) avant de leur proposer une solution donnant une nouvelle dimension à la lecture. “Le principe est celui d’une lecture enrichie par des contenus digitaux exclusifs”, résume le jeune entrepreneur. “En plus du contenu d’un livre, l’application Imook donne accès à des interviews de l’auteur, des critiques littéraires, des informations sur les personnages, les lieux de l’histoire, des playlists de l’auteur, etc.”

Les éditeurs, eux, se voient offrir une plateforme en ligne où ils peuvent mettre en avant leur production et obtenir une série d’informations sur leurs clients (dont les contenus partagés sur les réseaux sociaux). Le lecteur, reconnaît François van Derton, ne téléchargera l’application Imook qu’à une condition : avoir la garantie que tous les (gros) éditeurs y soient. C’est le défi auquel il s’attelle aujourd’hui. Les neuf plus grandes maisons d’édition francophones ont reçu la proposition. Un seul ferait encore de la résistance…


AVIS DU COACH

  • En général:

Le projet part d’une étude fouillée du marché de l’édition, qui a mené à une série de constats plutôt bien sentis. Il n’y a guère de “communautés” de lecteurs autour des livres. On pourrait songer au site américain GoodReads, mais il a perdu sa neutralité en étant racheté par Amazon. La proposition de valeur d’Imook tourne autour du retissage d’un lien entre le lecteur et une série d’artefacts liés au livre. Imook souhaite embarquer une majorité d’éditeurs dans sa formule, quasiment pour en faire une sorte de standard du marché (avec l’avantage d’être un acteur neutre par rapport à une solution propriétaire à un éditeur).


  • Evaluation:

Idée :☺☺

Business modèle :☺☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺

  • Feedback:

Le défi est rien moins que d’installer une nouvelle habitude ou attente du lecteur, ce qui est généralement très difficile. Ou, à tout le moins, nécessite un sacré effort concerté de communication et marketing. Ce qui le rend très dépendant de décrocher effectivement ces contrats avec les gros acteurs. Si ce n’est pas possible, ou trop long, il est possible de proposer du contenu “alternatif” autour d’un livre, sans même que l’éditeur soit nécessairement impliqué (on peut penser à Babelio, qui propose des forums autour des livres et auteurs), mais avec des revenus plus aléatoires.



AVIS DE L'EXPERT

  • En général:

L’ idée est ambitieuse car, pour attirer les lecteurs, il faudra d’abord convaincre les éditeurs. La valeur ajoutée de l’interface est la centralisation de contenus relatifs aux livres et la fourniture d’avis indépendants en provenance directe des lecteurs.

Le business model offre la gratuité aux lecteurs, mais une charge de travail importante pour l’éditeur (en plus d’un “fee” fixe et variable). Une masse critique de lecteurs étant indispensable pour apporter de la plus-value aux éditeurs, une période de gratuité est prévue tant que cette masse critique ne sera pas atteinte. Ce qui semble être assez accrocheur et une belle porte d’entrée pour les maisons d’édition. Le challenge pour Imook : atteindre 80 % des livres publiés sur le marché francophone, ce qui signifie convaincre les 8 plus grosses maisons d’édition de les suivre dans l’aventure. D’après François van Derton, les lecteurs suivront rapidement si les éditeurs jouent le jeu et chargent régulièrement du contenu. A l’inverse, le soufflé pourrait rapidement retomber. Le chiffre d’affaires attendu après 3 ans est de 1,5 million d’euros.

Le capital de départ ayant été injecté par Barefoot, la question se pose à présent d’ouvrir le capital à des investisseurs extérieurs.


  • Evaluation:

Idée :☺☺☺

Business modèle : ☺☺

Traction client :☺☺☺

Finançable :☺☺