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60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec leur portrait et les avis du coach Ben Piquard, directeur de LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Marie-Cécile Van Ecke, directeur général Retail&Private Banking Bruxelles, et Marie-Noëlle Rainchon, directeur Banque des Entrepreneurs Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".



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PORTRAIT de Kowo

Au même titre que Freeedrive ou Imook, dont nous avons déjà parlé, Kowo sort du start-up studio bruxellois Barefoot. Lequel studio aime résoudre des problématiques sociétales. C’est clairement le cas avec Kowo puisqu’il s’agit, à travers la mise en place d’un système de covoiturage au sein de grosses entreprises, de résoudre le cercle infernal “bouchons routiers/manque de places de parking/pollution”.

Jens Massaert, “managing partner” de cette start-up lancée en juin 2016, épingle trois chiffres pour situer l’enjeu. Un : quotidiennement 6,8 millions de voitures empruntent le réseau routier belge. Deux : 85 % des conducteurs sont seuls dans leur véhicule. Trois : chaque jour, ces mêmes voitures rejettent plus de 35 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Si on s’en tient aux véhicules de sociétés (dont on connaît le “succès” en Belgique), l’impact de cette congestion automobile sur les employés des entreprises est non négligeable : stress du personnel, coûts de la flotte de voitures (assurances, accidents, places de parking,…), pollution sur l’environnement (thématique de plus en plus intégrée à la “responsabilité sociétale des entreprises”), etc.

La solution de Kowo (“My coworker = My codriver”) est celle du covoiturage entre collègues. “Cela revient à installer un système du type Uber dans les entreprises, à la seule différence que Kowo est gratuit pour les participants au covoiturage”, résume Jens Massaert. L’application Kowo organise les déplacements entre conducteurs et passagers. Le tout est couvert par Axa, avec laquelle un partenariat a été noué. “Quoi qu’il se passe lors du trajet, on garantit aux utilisateurs d’arriver à leur destination”. Cerise sur le gâteau : le covoiturage est défiscalisé (déductibilité à concurrence de 120 %). Celui qui paie, c’est l’employeur à travers un système de crédits de kilomètres (à raison de 9,5 cents par km). “C’est une solution qui s’intègre dans le “budget mobilité”, alternative aux voitures de sociétés”, précise Jens Massaert.

Kowo finalise actuellement la validation d’une version bêta; le lancement officiel aura lieu en mars. L’objectif est d’atteindre entre 6 et 7 millions de km parcourus via Kowo en 2017 et de doubler en 2018.


AVIS DU COACH

  • En général:

La problématique adressée est importante, la solution proposée est dans l’air du temps. On s’attaque ici à rien moins qu’aux problèmes de mobilité professionnelle : trop de voitures, trop de kilomètres. La solution semblera révolutionnaire ou évidente, selon que l’on est “génération X” ou “génération Z” : une plateforme permettant de mettre en commun et en contact les offreurs et demandeurs de trajets. Une sorte d’Uber, mais pour les trajets bien balisés du domicile au lieu de travail. C’était déjà tout le propos de la start-up Djengo (lors d’un de ses pivots), qui est entre-temps devenu Commuty.net. Une formule qui fait pleinement sens sur papier, mais l’on sait qu’il est difficile de faire changer les gens d’habitude, surtout en ce qui concerne la voiture de société, véritable vache sacrée en Belgique. A terme, pourtant, ces solutions de mobilité sont appelées à se multiplier.


  • Evaluation:

Idée :☺☺

Business modèle :☺☺

Traction client :☺

Finançable :☺☺

  • Feedback:
Beaucoup de bonnes fées autour du berceau de Kowo, comme c’est classique pour les projets de Barefoot studio : validation de marché, “parrains” prestigieux, équipe de développeurs partagée, etc. Le business modèle “vend du kilomètre”, ce qui fait sans doute sens mais va introduire des disparités selon les dispositions géographiques, et reste à prouver concrètement sur le terrain. On a l’impression que Kowo est davantage vendu comme une assurance (à avoir “au cas où”), que comme un service au quotidien. Il ne reste plus à présent que la réponse du marché pour valider le besoin.


AVIS DE L'EXPERT

A titre exceptionnel, l’expert de BNP Paribas Fortis n’a pas pu participer à la présentation du projet Kowo. Nous nous en excusons auprès de Jens Massaert.