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Tout démarre d’une habitude à la fois mauvaise et bien ancrée : ceux et celles qui sillonnent notre pays savent que les cannettes en aluminium font partie des déchets le plus souvent aperçus, entre autres au bord des routes, balancées au détour d’un chemin et croupissant dans l’attente d’une bonne âme pour les jeter là où il se doit : dans une poubelle. On parle alors de "déchets sauvages", et c’est contre eux que la cellule "Wallonie plus propre" se mobilise grâce à une campagne qui fonctionne sur le principe de l’alliance. Maes, Gordon et Jupiler, trois noms emblématiques du secteur brassicole, ont uni leurs efforts, sous l’impulsion de la cellule Wallonie plus propre, pour inciter les consommateurs à en faire un peu plus pour la propreté publique et à ne pas semer leurs canettes n’importe où après usage…

Ce n’est pas la première fois que des actions, locales entre autres (comme à Ciney récemment) tentent de sensibiliser les citoyens à ce problème. En revanche, qu’une triple entente se noue entre des concurrents d’un même secteur, c’est inédit. Le dispositif, malheureusement limité à quelques journées et quelques communes, fonctionne sur le principe du double affichage : A côté de leurs pubs "classiques", vantant chacune leur bière, Maes, Jupiler et Gordon ont développé un visuel aux codes identiques, mais figurant une canette froissée et usagée, barrée d’un slogan on ne peut plus clair : "N’ignorez pas la poubelle", "100 % propre", etc. L’effet de miroir entre les deux affiches, presque sur le mode avant-après (avoir bu), est simple et surtout adapté à des pubs qui doivent pour la plupart être vues au volant, en conduisant.

Grâce au concours actif des marques concernées, ce type de campagne gagne en réalisme puisqu’il peut s’appuyer sur l’image de certaines des canettes les plus consommées sous nos latitudes. Pour les trois brasseurs, ce genre de campagne s’inscrit dans un incontournable mouvement de responsabilité sociale. Avec des marques d’alcool, c’est une notion très vaste et sensible, qui s’exprime ici sous un autre jour, moins "touchy" mais bien dans l’air du temps : l’environnement, le maintien des espaces publics, la consommation sans ses excès… Sans devoir renoncer à leurs visuels de promotion habituels, Gordon, Maes et Jupiler ajoutent une dimension supplémentaire à leur campagne, celle qui touche aux valeurs et à l’engagement pour certaines causes. Leur union de circonstance, pour ce genre d’action, vaut dès lors bien plus qu’une action menée en solo. Comme si les causes "nobles" assoupissaient l’esprit de concurrence…