Digital Alors qu’il se vend un vinyle pour 10 CD, la sacrifiée musicale de la numérisation a vu ses ventes augmenter de 74 % en 2016. Allez, on rembobine !

Comme une drôle d’envie de faire Rewind. De replonger dans la bande-son des années 80, celle qui était magnétique et rembobinable - avec un walkman doté de la fonction autoreverse pour les plus chics d’entre nous. Eh oui, après le retour, désormais bien installé du vinyle et de ses 13 millions d’unités écoulées rien qu’en 2016, voilà que se profile, lentement mais sûrement, le come-back de la K7 audio !

énième tendance rétro-vintage du marché de la musique, elle est notamment mise en avant par une étude du cabinet Nielsen, qui note que les ventes de K7 audio ont augmenté de… 74 % en 2016. Une hausse fulgurante, mais à nuancer très fort par le volume total dont on parle, qui reste très modeste : 129.000 K7 (neuves) ont été écoulées l’an dernier autour du globe. Insignifiant, face au 105 millions de CD encore vendus, malgré un ressac gigantesque du marché du disque. Mais c’est peut-être un frémissement suffisant pour amorcer un retour en bonne et due forme de ce format sacrifié au profit du compact disc…

Un phénomène a en tout cas beaucoup aidé la K7 à revenir dans les bacs, outre la mode régressive : le film super-héroïque Les Gardiens de la Galaxie, de Disney-Marvel.

Cette production voit le héros principal, trentenaire, dézinguer de l’alien en écoutant sa K7 et son Amesome Mix Vol. 1 (blue Swede, les Jackson Five, The Runaways, Bowie, the Raspberries,…) dans son walkman. Ce mix, sorti dans le commerce, est la K7 la plus vendue au monde ces trois dernières années ! Elle a entraîné dans son sillage les rééditions d’albums de Prince (Purple Rain), d’Eminem (The Real Slim Shady), mais aussi de Justin Bieber (trois exemples qui montrent bien l’éclectisme du phénomène, pas cantonné à une certaine scène musicale underground).

La chaîne américaine de vêtements et accessoires rétro Urban Outfitters (400 magasins dans le monde, dont un à Bruxelles et Anvers), qui cible le parfait hipster, en commercialise à 25 € (!) l’unité (Nervermind de Nirvana, 2Pacalypse de 2Pac, etc.) et n’est pas pour rien dans ce come-back inopiné non plus. Même si le cœur des ventes provient des petits labels indépendants, comme le note Billboard : 43 % de toutes les ventes de cassettes en 2016 étaient issues de ventes directes sur des petits sites web ou sur les boutiques en ligne des maisons de disques indépendantes.

Parfaitement imparfaite (limitée à 45 minutes par face, la bande s’abîme, la qualité audio est incomparable aux fichiers numériques lossless actuels, difficulté de cibler une chanson, etc.), la K7 a en revanche le mérite de remettre un objet, qui plus est, symbolique, magnétique et rétro-punk, dans nos mains.

Notons aussi que depuis 2013, les magasins distribuant des K7 célèbrent chaque année le Cassette Store Day avec des lancements de bandes spéciales, des concerts…

Et cette hype ne fait que commencer : Sony, Disney ou Universal ont passé commande à la National Audio Company, la seule entreprise qui n’a jamais arrêté de produire des cassettes audio analogiques… au monde !

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Le come-back du vinyle n’est pas un feu de paille

Bien malin qui pourrait augurer du futur de la K7 audio. Si beaucoup lui prédisent un confinement très niché aux seuls hipsters et mélomanes nostalgiques et aguerris, n’oublions pas que beaucoup de mauvaises langues avaient prédit semblable destinée au vinyle, lorsque celui-ci fit son retour dans nos quotidiens connectés à l’aube des années 2010. Or, en 2016, le vinyle est devenu un marché toujours croissant, mais surtout stable, pesant 13 millions d’unités écoulées par an dans le monde. On ne vend plus de singles mais on vend encore des vinyles !

En Belgique, le marché du vinyle est d’ailleurs en croissance de 28 % (au premier semestre 2016) et pèse pour un peu plus de 5 % du chiffre d’affaires global du secteur de la musique chez nous, soit 2 millions d’euros.