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Petit retour dans le temps. Le 17 juin 2016, Jean-Luc Crucke, député-bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing, accueillait dans son hôtel de ville quelques pontes de Proximus et de Tessares, spin-off de l’Université catholique de Louvain dans laquelle, un an plus tôt, le groupe de télécoms avait investi en compagnie du fonds Vives II-Louvain Technology Fund. L’objectif de cette visite dans l’une des communes les moins densément peuplées de Wallonie (12 000 habitants pour 12 000 hectares) ? Une "première mondiale" destinée à raccorder les foyers les plus isolés au très haut débit.

A l’instar de Frasnes, de nombreux Belges vivent dans des zones dites "blanches", c’est-à-dire des lieux où les habitants ne bénéficient pas d’une connexion Internet d’au moins 30 Mbps. On estime qu’un peu moins de 10 % des foyers belges - surtout présents en Wallonie - sont concernés par ces zones blanches.

Un gain de 20 Mbps !

C’est là que Tessares intervient avec une solution innovante. Résultat de travaux menés à l’UCL, elle consiste à combiner les capacités en bande passante des réseaux fixes (xDSL) et mobiles (4G/LTE); cette combinaison s’appuie sur une solution logicielle basée sur un nouveau protocole Internet ("Multipath TCP"). Afin de démontrer l’efficacité de son dispositif, Tessares et Proximus avaient donc jeté leur dévolu sur Frasnes-lez-Anvaing pour mener un test grandeur nature. Ainsi, durant neuf mois, quelque 200 foyers de la commune picarde, abonnés chez Proximus, ont bénéficié de la solution Tessares.

"Proximus a mené des enquêtes de satisfaction auprès de ces clients et les résultats s’avèrent très positifs, dit à "La Libre" Denis Périquet, administrateur délégué de Tessares. Ces clients ont vu une nette amélioration de leur connexion à Internet, avec un gain de l’ordre de 20 Mbps par rapport à la vitesse habituelle, ce qui améliore sensiblement l’expérience Internet et multimédia."

Chez Proximus, on se félicite évidemment du "grand succès" de ce projet pilote. A tel point que l’opérateur envisage un déploiement national de la solution Tessares d’ici la fin de cette année.

C’est évidemment une excellente nouvelle pour Tessares, qui emploie déjà une vingtaine de personnes à Louvain-la-Neuve et qui, outre Proximus, a d’ores et déjà conclu des contrats avec deux opérateurs européens, dont une filiale de Telia (ex-TeliaSonera, actif en Suède et en Finlande).