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Le réseau social Twitter a fait beaucoup parler ces derniers temps... mais pas qu'en bien. Entre le départ de ses dirigeants et une capitalisation boursière en baisse, l'entreprise aux gazouillis fait face à un sombre avenir mais possède cependant toutes les cartes en main pour pouvoir redresser la barre.

La santé financière de Twitter n'est pas bonne. Encore à plus de 50 dollars en avril 2015, la valeur de l'action a chuté à 17 dollars en ce début février. Les investisseurs sont en perte de confiance. Et comme si cela ne suffisait pas pour Jack Dorsey, le co-fondateur et PDG depuis quatre mois, cinq des dirigeants majeurs de l'entreprise ont décidé de quitter le navire. Selon Damien Van Achter, spécialiste en nouvelles technologies, « le problème de Twitter est avant tout un problème de monétisation, ils gagnent de l'argent mais pas assez pour combler les trous qu'ils ont créés au fil des années. Beaucoup de gens ont travaillé sur leurs produits mais ces derniers ne satisfont pas les investisseurs ». Mais alors, cette chute boursière signifie-t-elle la fin de Twitter ?

Un manque de stratégie

Le réseau social est en perte de vitesse avec un nombre d'utilisateurs mensuels (307 millions) qui ne diminue pas mais qui stagne, loin derrière Facebook (1490 millions), Whatsapp (1000 millions) ou encore Instagram (400 millions), selon des données repris par le Blog du Modérateur. Malgré ces chiffres, Twitter constitue un outil efficace quand il s'agit de partager de l'information rapidement et instantanément, « Twitter reste un lieu de conversation pendant des grands événements mondiaux, un lieu de débat où l'on peut discuter avec des inconnus. Les jeunes, pour discuter entre amis, préfèrent des plateformes comme Snapchat et Whatsapp » ajoute Damien Van Achter. Twitter serait donc plus utilisé par des professionnels et à des fins d'informations. Selon le spécialiste, le réseau social devrait redéfinir une cible, une stratégie : « Twitter a voulu faire beaucoup de choses en même temps, afficher de la vidéo, des photos avec des systèmes propres. Alors que d'autres plateformes ont pu se focaliser sur un seul et même service et ont réussi à le déborder».

Une des fonctionnalités qui a fait toute l'originalité de Twitter mais qui a été fortement critiquée depuis le premier jour, c'est la fameuse limite de 140 caractères. Bien au courant du débat qui existe au sein de sa communauté, l'entreprise parle de supprimer cette limite pour la porter à 10 000 signes. Damien Van Achter tient à relativiser : « On utilise déjà beaucoup plus que 140 signes quand on tweete, vu qu'on insère des liens qui renvoient vers des articles bien plus longs ». Le problème, c'est que l'utilisateur, en suivant le lien, sort de Twitter. Facebook a trouvé la parade grâce à ses Instant Articles, en hébergeant les articles directement sur la plateforme mais « c'est trop tard pour Twitter. S'ils enlèvent la limite des 140 signes, ils risquent de décevoir les fans de la première heure qui ont été charmés par cette fonctionnalité ».

La guerre entre Facebook et Twitter

Hormis ses problèmes internes et son manque de direction, le réseau aux gazouillis doit faire face à la concurrence du géant Facebook. Depuis le 28 janvier 2016, Facebook a élargit son service Live Video qui permet à l'utilisateur de filmer et de partager instantanément ses états d'âme ou un événement auquel il assiste. Facebook avait dans un premier temps limité cette fonctionnalité aux célébrités et aux détenteurs d'un compte vérifié. Tout le monde y a donc maintenant accès (pour l'instant, l'accès est limité aux Etats-Unis et aux détenteurs d'iPhone).

Le réseau créé par Mark Zuckerberg a également lancé, en début d'année, sa fonctionnalité Sports Stadium, qui permet aux fans de sports de commenter en direct les matchs. Là aussi, la plateforme n'est disponible pour le moment qu'aux Etats-Unis et pour les matchs de foot américain.

Même si ces différentes fonctionnalités ne sont pas encore développées à une échelle mondiale, elles témoignent bien du désir pour Facebook d'être présent dans le partage de l'information instantanée, cheval de bataille historique de Twitter. « La guerre entre Facebook et Twitter date du jour 1. Ils copient les fonctionnalités les uns des autres et Facebook sera sans pitié par rapport à Twitter. Peut-être que Google ou un autre embarquera Twitter avec lui. Le réseau social n'est pas forcément voué à exister par lui-même » déclare Damien Van Achter.

On parle justement de plus en plus d'une possibilité de rachat de Twitter, notamment par l'investisseur Marc Andreessen et le fonds Silver Lake Partners. Les deux avaient déjà pris le contrôle de Skype avant de le vendre quatre fois plus cher à Microsoft. Peut-être donc que l'avenir de l'oiseau bleu est à trouver là, dans un rachat ou dans une collaboration avec d'autres services.