Digital L’association de consommateurs livre une première réaction nuancée à l’analyse du marché télécoms par les régulateurs belges.

L’information ayant été communiquée tardivement, vendredi dernier, Test-Achats n’avait pas encore réagi officiellement à la nouvelle analyse du marché des services télécoms fixes (Internet et télévision) par les quatre régulateurs belges (IBPT, CSA, VRM et Medienrat). Lundi, l’association de défense des consommateurs a livré une première réaction. Première dans le sens où le document des régulateurs, dont nous avons présenté les grandes lignes dans notre édition du week-end, est une brique de 863 pages qui ne se digère pas en un petit week-end ! Test-Achats (T-A) prendra le temps qu’il faut pour décortiquer le document, son intention étant de participer à la consultation publique ouverte jusqu’au 15 septembre.

Sur la partie "constats" de l’analyse (risque de duopolisation du marché entre Proximus et les câblos, prix trop élevés, absence d’accès effectif aux réseaux fixes pour des opérateurs alternatifs, etc.), David Wiame, responsable du dossier chez T-A, note que l’association ne dit pas autre chose depuis longtemps. "L’IBPT confirme que les tarifs augmentent de façon plus rapide que la hausse du coût de la vie depuis au moins 2011 (année de la dernière analyse de marché, NdlR)".

Sur le volet des "mesures correctrices", M. Wiame se montre moins rassuré. Certes, les régulateurs confirment que "sans régulation, on irait dans le mur" (au sens où on ne pourrait pas atteindre de situation favorable pour les clients). "Mais certaines propositions avancées par les régulateurs sont encore très floues, comme celle visant à appliquer des tarifs de gros équitables ou d’assurer un accès raisonnable à un réseau". Pour l’expert télécom de T-A, les différents remèdes proposés manquent d’ambition. "Nous restons sur notre faim. En l’état actuel, nous ne voyons pas de propositions à même de contrer le risque de duopolisation du marché et d’agir sur les prix de détail à un horizon de cinq ans".

Pour T-A, il faudrait des remèdes plus radicaux. L’association en propose un qui fera bondir Proximus et les câblos historiques : la "séparation fonctionnelle", c’est-à-dire un marché des télécoms où, à l’image de ce qui se fait en matière d’énergie, on séparerait les activités de gestion de réseau et de fourniture de services. "C’est ce qui a été fait au Royaume-Uni, où BT a été contraint par le régulateur de scinder l’entité Openreach (qui gère notamment l’accès au réseau) de la commercialisation de services télécoms. Nous ne prétendons pas que c’est la panacée pour le marché belge, mais on voudrait au moins que cette piste fasse l’objet d’une étude de faisabilité", conclut David Wiame.