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Le rendez-vous a eu lieu en début de semaine à la "RTL House", siège bruxellois du groupe audiovisuel éponyme. C’est au rez-de-chaussée de ce bâtiment contemporain que, depuis peu, la société Medianext TV s’est installée. Lundi, Gregory Goethals et Cédric Donnet, les deux associés de cette jeune start-up active dans la production et la distribution audiovisuelles, accueillaient deux hôtes de marque : Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Economie, et Serge Vilain, patron de finance.brussels (ex-SRIB). Une visite de courtoisie ? Certes… Mais, surtout, un moment "historique" puisque MM. Gosuin et Vilain venaient concrétiser l’octroi, à Medianext, du premier prêt du nouveau fonds "screen.brussels business".

"Medianext TV est le parfait exemple des sociétés que ce nouveau fonds entend soutenir : start-up, innovante, bruxelloise, active dans un secteur dynamique", détaille Serge Vilain. Le pôle "business" de screen.brussels a été doté d’un million d’euros en 2016. Parallèlement, le fonds comporte une ligne budgétaire de 3 millions d’euros destinée à financer des coproductions audiovisuelles (lire notre encadré ci-dessous). Ces 4 millions forment l’enveloppe globale du fonds screen.brussels (lequel, rappelons-le, était logé au sein de Wallimage jusqu’à l’année dernière). "Ces fonds, insiste le ministre Gosuin, contribuent à concrétiser l’un des axes de la ‘Stratégie 2025’ du gouvernement bruxellois, qui est de stimuler l’économie culturelle et créative bruxelloise. Notre ambition, elle est de construire tout un écosystème autour de l’industrie audiovisuelle, avec des retombées tant en termes financiers que d’emplois."

"Grandir de façon sereine"

L’histoire, donc, retiendra que Medianext TV fut la première société à avoir bénéficié d’un prêt du pôle "business" du fonds screen.brussels. En l’occurrence, un prêt de 100 000 euros remboursable à une échéance de 3 ans. D’autres dossiers sont d’ores et déjà à l’examen. "Il y a de fortes chances que le million d’euros soit consommé d’ici la fin de l’année", glisse le président de finance.brussels.

Pour Medianext, ce soutien financier des pouvoirs publics bruxellois tombe à un moment très propice. "L’entreprise est tout à fait saine depuis ses débuts", confie Cédric Donnet, ex-journaliste (RTL) reconverti en jeune entrepreneur. "Mais là, nous sommes en pleine phase de croissance, avec pas mal de projets en chantier. Ce prêt va donc nous aider à aller de l’avant, de grandir, de façon plus sereine."

Son associé, Gregory Goethals, est également un ancien journaliste de la "famille RTL". "En 2009, lorsque nous avons fondé Medianext, ce n’était encore qu’une activité complémentaire par rapport à nos boulots respectifs pour le groupe RTL", raconte M. Goethals. En 2014, le tandem Goethals-Donnet décidait de se lancer résolument dans l’aventure entrepreneuriale, Medianext devenant une société "100 % indépendante" dotée d’un capital social d’à peine 21 000 euros.

De belles ambitions

Depuis deux ans, la start-up a revu ses ambitions à la hausse en matière de mise en chantier de productions audiovisuelles innovantes. "En 2015, nos revenus s’élevaient à 400 000 euros, le double de l’année précédente. L’équipe, elle, se compose de dix personnes", précise Cédric Donnet, financier et juriste de la société. Medianext travaille notamment, en ce moment, sur une ambitieuse série documentaire consacrée à des "success stories" de grands entrepreneurs belges, une série bilingue pour laquelle il a été fait appel à des fonds "tax shelter".

Si RTL Belgique est le partenaire naturel de Medianext, la start-up ne veut pas se limiter au seul marché francophone. Elle dispose d’ailleurs d’un bureau à… Miami ! Mais, sur le moyen et long terme, les marchés cibles sont la Flandre et la France.



Quatorze coproductions ont déjà été financées

Au début du mois, "screen.brussels fund" - c’est-à-dire le fonds doté de 3 millions d’euros par an pour soutenir des coproductions audiovisuelles - a livré les résultats de son premier appel au secteur. Il a débouché sur l’octroi de 1,685 million d’euros répartis entre 14 projets : 8 longs métrages (dont 1 film d’animation), 3 séries TV, 2 documentaires et 1 websérie. La deuxième session 2016 de screen.brussels est programmée pour octobre. Le budget sera de 1,315 million d’euros.

1 euro public investi pour 7,6 euros dépensés à Bruxelles ! Dans l’octroi des financements, une attention particulière a été portée aux projets générant des effets structurants pour l’économie bruxelloise. Ainsi, pour cette première session, les engagements s’élèvent à plus de 12,8 millions d’euros de dépenses audiovisuelles en Région de Bruxelles-Capitale, soit un ratio moyen de 760 % entre les montants investis et les dépenses générées en Région bruxelloise.

Pierre-François Lovens