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Les géants du smartphone, Samsung, Apple et maintenant Huawei, s’affrontent à coups d’investissements colossaux dans l’intelligence artificielle, à un rythme que leurs concurrents peuvent difficilement suivre. De l’extérieur, pas grand-chose ne distingue le Mate 10 de Huawei, dévoilé lundi à Munich (Allemagne), de l’iPhone X d’Apple ou du Galaxy S8 de Samsung : un écran couvrant toute la face supérieure de l’appareil, un double capteur photo et de robustes batteries.

Mais c’est sous le capot que se joue la bataille entre l’américain Apple et les groupes coréen et chinois venus bousculer sa suprématie, dans de minuscules processeurs célébrés en grande pompe par les fabricants. En présentant le mois dernier son iPhone X lors d’une rutilante cérémonie, Apple se targuait ainsi de pouvoir déverrouiller l’appareil par reconnaissance faciale de son utilisateur. Lundi, Huawei répliquait en laissant son Mate 10 traduire plusieurs langues, opter pour le meilleur mode photo en distinguant seul un plat d’un bouquet ou d’un animal, ou même organiser des dossiers. Derrière ces nouvelles possibilités se cache une aptitude commune de la machine à "apprendre" en brassant des montagnes de données, sans qu’un programmateur ne lui enseigne par exemple à reconnaître un visage.

"L’intelligence artificielle n’est plus un concept théorique mais quelque chose qui s’entremêle avec notre vie quotidienne", a souligné lundi Richard Yu, l’un des responsables de Huawei, alors que le groupe affirme avoir soumis 100 millions de photos à sa caméra pour l’entraîner. En 2016, le chinois affirme avoir englouti 11,6 milliards de dollars en recherche-développement, un effort considérable rendu possible par sa position de force dans les infrastructures télécoms. Samsung affiche de son côté 13,1 milliards en recherche sur la même période, quand Apple en aurait déboursé un peu plus de 10 milliards de dollars.