Digital La deuxième édition du "Startup Camp" wallon a débuté cette semaine. Les "campers" ont eu droit à un discours sur le "lean canvas"… Késako?

S’il vous a déjà été donné l’occasion de visiter un incubateur ou un accélérateur de start-up, il ne vous aura pas échappé que, outre le mobilier design et les espaces conviviaux, les murs étaient souvent parsemés de tableaux blancs, eux-mêmes recouverts de post-it multicolores. On se croirait presque de retour à l’école primaire !

Un tableau blanc, des post-it et des marqueurs (à la pointe épaisse !). "Tout cela peut paraître effectivement scolaire, concède Laurent Mikolajczak, entrepreneur et coach expérimenté du Startup Camp (1) . Mais ces outils vont permettre au (x) porteur (s) de projet de mettre les bons mots dans les bonnes cases". Neuf cases, pour être exact. Ce sont celles qui composent le "lean canvas" (2) : problème, segments de clientèle, proposition de valeur unique, solution, avantage compétitif, coûts, sources de revenus, indicateurs de performance et canaux.

Ce modèle du "lean canvas", proposé par Ash Maurya, est une des variantes du "business model canvas" conçu par Alexander Osterwalder et Yves Prigneur. "Le lean canvas est plus adapté pour aborder des projets qui en sont encore à leur tout début. Il va permettre de creuser davantage la question, essentielle dans la méthode "lean start-up", de l’identification et de la recherche de clients potentiels."

Pratiquement, face aux neuf cases du "lean canvas", le porteur de projet va devoir apposer des post-it sur lesquels il aura écrit 3 à 5 mots synthétisant les différentes dimensions du canevas (problème, solution, coûts, etc.). Chaque case reflétera une hypothèse critique qu’il faudra, dans une deuxième phase, trier par priorité et valider (ou invalider !) par des interviews de terrain. "Le lean canvas va accompagner le ou les porteurs de projet, explique Laurent Mikolajczak. Il a plusieurs atouts. C’est un outil très visuel et collaboratif. C’est aussi un outil de communication vis-à-vis de tiers (partenaires, fournisseurs investisseurs,…). Enfin, c’est un outil qui permet d’aligner les porteurs d’un même projet sur une vision partagée."

Si ce modèle a émergé, en particulier dans le monde des start-up, c’est pour une raison simple, conclut M. Mikolajczak: "Aujourd’hui, à part peut-être les régimes communistes, on ne travaille plus avec des business plans de plusieurs dizaines de pages où on essaie de prédire l’avenir. Ils sont illisibles et deviennent très rapidement obsolètes".

Alors, à vos post-it et marqueurs !

(1) lire "La Libre" du 23/10/2017.

(2) https ://leanstack.com

Un Zalando belge et éthique

C’est le projet porté par Aline Tasset et Louve Rauwers.

Depuis lundi matin, Aline Tasset et Louve Rauwers, toutes les deux âgées de 25 ans, sont basées chez LeanSquare, à Liège. Avec d’autres, les deux jeunes femmes participent au Startup Camp. Il y a huit mois d’ici, Aline et Louve Rauwers ne se connaissaient pas. C’est en évoquant, avec une connaissance, son projet de vente en ligne de vêtements et d’accessoires éthiques qu’Aline fut mise en contact avec Louve. Elles travaillaient toutes les deux sur des projets très similaires. Elles ont donc décidé de se lancer dans le Startup Camp en binôme. "Ce sera une façon de nous découvrir, confie Aline. Une sorte de stage pré-marital avant de prendre la décision de nous marier ou pas !" (rires) .

Elles ont toutes les deux une passion commune : parcourir le monde. Diplômée en commerce international (Ephec), Aline est passée par le Guatemala, la Chine, le Vietnam… Louve, infographiste (Ecole Saint-Luc), elle, a déjà parcouru l’Australie, l’Inde, le Myanmar… Toutes les deux se disent aussi très sensibles à la place de la femme dans la vie économique et sociale, en particulier dans les pays en développement.

Leur projet de start-up, baptisé provisoirement "Half the Sky" (un nom tiré d’un proverbe chinois affirmant que "la femme porte la moitié du ciel"), vise donc à développer une plateforme d’e-commerce pour des vêtements et des accessoires fabriqués de façon éthique, que ce soit sur le plan social ou environnemental, dans des pays tels que le Guatemala, le Vietnam et l’Inde. Elles ont déjà identifié entre 15 et 20 fournisseurs. "On se fera un point d’honneur de rencontrer tous nos fournisseurs pour s’assurer qu’ils sont bien en ligne avec les valeurs éthiques de notre projet".

Et la méthode "lean start-up", dans tout ça ? Elles en ont déjà entendu pa rler lors d’Entrepreneurs Weekend. "J’ai même réalisé un "lean canvas" dans ma chambre !, s’amuse Aline. Mais ce sera la première fois que je vais aller au fond des choses".