Digital Bouleversements majeurs en vue : le "big data" va changer nos vies. Une révolution qui prendra moins de dix ans. Les changements en cours auront un impact effrayant sur l’emploi.

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Deux mille vingt-cinq, pour ceux qui ont un peu vécu, c’est… demain. Et, comme "on y est presque", l’environnement dans lequel nous baignerons en 2025 est déjà en train de se mettre en place, là, sous nos yeux. Du point de vue économique, l’élément moteur essentiel est et restera l’utilisation intensive des réseaux numériques. Et à cet égard, les sujets d’aujourd’hui seront d’une actualité criante durant les 10 années à venir : objets connectés, robots, intelligence artificielle, nouveaux modèles économiques de type "collaboratif".

Mais, d’ici à 2025, ce dont on va beaucoup parler pour que ces nouveaux modèles tiennent la route, c’est la gestion des données. Le "big data" est déjà à la fois une source d’inquiétudes et d’espoirs. Dans un "white paper" réalisé pour le compte de Seagate, spécialiste du stockage de données, les spécialistes du cabinet d’études de marché IDC ont fait un point sur la question à l’horizon 2025.

Ils évoquent tout simplement une nouvelle ère, et "l’Age des données", partant de celles fournies et utilisées par les véhicules autonomes, les robots humanoïdes, les assistants personnels intelligents, les objets connectés intelligents logés dans les habitations. "Le monde change autour de nous, de manière fondamentale, transformant notre manière de vivre, de travailler, et de jouer". Imaginer comment nous serons dans quelques années, c’est concevoir l’écosystème de demain, dans lequel Internet sera devenu aussi indispensable que le raccordement à l’eau courante et à l’électricité.

Pour IDC, c’est simple : "Imaginez-vous être réveillé, le matin, par un assistant virtuel qui vous recommande des vêtements adaptés à la situation sociale du jour et à la météo, et qui vous réserve un véhicule autonome pour vos activités du jour. Ou alors préférez-vous ne pas bouger et ne communiquer avec vos collègues que par conférence holographique - c’est devenu la norme."

Choisir son sofa avec la réalité augmentée

Nouvel environnement de travail ? Nouvelle manière aussi de passer les week-ends : "Vous pouvez passer du temps à chercher le sofa qu’il vous faut en vous plongeant dans un environnement de réalité augmentée, avant de commander en ligne. Le lendemain, installé dans votre nouveau sofa, vous pourriez commander une pizza cuisinée par un robot, et vous la faire livrer en temps record par un drone."

Pour tout cela, expliquent les spécialistes d’IDC, il faudra compter sur une énorme quantité de données, qui deviendront donc "critiques" ou vitales pour les personnes concernées. Cette somme de données représentant l’expérience numérique au sens large, pour le consommateur, le producteur et le distributeur, s’inscrirait dans la "global datasphere". Un concept récent, né moins de dix ans après le début de la transition entre l’univers analogique et l’univers digital (numérique), où les données sont devenues l’énergie vitale du système économique. Et comme tout est dans tout, ces données doivent être stockées, sécurisées, et exploitées grâce à des algorithmes auto-apprenants.

Dans un tel environnement, il est clair que des pans entiers d’activité vont disparaître dans le secteur des services, les assistants robots reprenant les tâches complexes des humains, comme dans le secteur de la production, des opérations commerciales et financières. Ceci suppose une prise en charge étendue par la société des laissés-pour-compte qui n’existeront plus que par leur capacité contributive aux mécanismes de consommation, dans une vision "ultra-low cost".

"L’effet Amazon"

Les premières réflexions à ce propos sont déjà en cours, qui visent à redistribuer une part des bénéfices des entreprises au travers d’une taxe sur les robots de tous niveaux. Un vœu pieu ? Non, les plateformes de services divers sont déjà en train de se repaître des restes des commerces traditionnels. Sans le moindre état d’âme : "the winner takes it all", répète-t-on dans le monde Internet… Dans le secteur de l’immobilier commercial, on voit fléchir les valorisations et on évoque un "Amazon effect" lors des fermetures de chaînes de magasins et des procédures de licenciements collectifs… Comment survivre dans cet enfer ? En innovant, comme le fit l’humanité lorsque les machines à vapeur remplacèrent les bras des ouvriers, et en investissant dans l’enseignement pour créer les cerveaux capables de répondre à la demande des entreprises pour de nouveaux profils.

La taille de la “global datasphere”

La création ou la récolte de données en temps réel affiche déjà une croissance exponentielle. Selon les estimations d’IDC, alors que l’on tourne aujourd’hui autour des 20 zettabytes de données créées, on devrait atteindre 163 zettabytes d’ici à 2025. Ceci alimentant la demande de réseaux et de centres de données dans le monde.


L’individu connecté interagit

L’offre de possibilités d’interactions entre l’environnement connecté et l’individu produisant ou consommant va découler sur une multiplication de ces contacts proposés par les assistants numériques ou initiés par les utilisateurs de machines connectées. IDC estime que le nombre d’interactions par utilisateur sera multiplié par 20 d’ici à 2025, soit 7 785 par jour.


Inventer des métiers d’avenir

Le site Jobat.be alimente ses visiteurs en informations sur les métiers de demain, en pêchant les infos sur la Toile (ça, c’est déjà un nouveau métier). Voici quelques-uns des boulots inattendus qui pourraient cartonner demain : curateur digital personnel, spéculateur en monnaies alternatives, thérapeute en désintoxication digitale, archiviste de vie numérique, fermier urbain, guide en capacités culturelles. D’autres idées ?


Ubérisation des services

L’automatisation à outrance au travers des réseaux, et le bouleversement des modèles établis, c’est la spécialité d’Uber, qui joue sur le concept d’économie collaborative à très grande échelle pour imposer un mode de fonctionnement des transports sur lequel l’utilisateur gagne un peu, le chauffeur gagne un peu et le centralisateur gagne… beaucoup.


Transition énergétique imposée ?

Si la production automobile a quasiment disparu aux Pays-Bas, les véhicules motorisés restent au centre des réflexions du monde politique là où la crainte du réchauffement climatique est un réflexe lié à l’instinct de survie. Nos voisins ont donc planifié l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteur thermique (essence/diesel) dès 2025…


L’arrivée en force des émergents

Selon Naresh Wadhwa, patron de Cisco India, se basant sur le rapport “Evolving Internet”, le trafic Internet va s’intensifier dans les pays développés, avec à la clé des dépenses plus importantes par utilisateur au travers du réseau et grâce aux contenus découverts sur le réseau. La dynamique globale sera toutefois influencée de manière décisive par l’arrivée des économies émergentes.


Notre série REIsearch

Initiative européenne. Ce premier article s’inscrit dans notre série REIsearch composée de trois thèmes. Active à travers une dizaine de pays européens, cette opération est promue par Atomium, l’institut européen pour les sciences, les médias et la démocratie. Cet institut a été lancé il y a sept ans au Parlement européen par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing et par Michelangelo Baracchi Bonvicini, actuellement président honoraire et président de l’institut. Lors de chaque publication hebdomadaire, les internautes de LaLibre.be sont invités à répondre à une enquête européenne en ligne, qui fera l’objet d’un rapport.

Objectif : REIsearch veut établir un lien entre l’expérience des citoyens de l’UE et l’expertise de ses chercheurs afin de venir en soutien des décideurs politiques lorsqu’ils prennent des décisions qui ont une incidence sur la société.

Partenaires presse : Pour donner une vraie visibilité à cette édition 2017, neuf grands médias européens sont associés : "El Pais", "Frankfurter Allgemeine Zeitung", "Il Sole 24 Ore", "Der Standard", "Elsevier", "Luxemburger Wort", Wyborcza.pl, Publico et "La Libre Belgique".