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Instagram et Facebook inaugurent un système pour mesurer le temps passé sur leurs applications. Une initiative utile ? Ou bien les réseaux sociaux veulent-ils juste se donner bonne conscience ?

Seriez-vous choqués d'apprendre que vous passez plus de temps à faire des likes et des stories que vous ne le pensez ? C'est en tout cas l'idée derrière le lancement "d'outils de gestion du temps" sur les réseaux détenus par Zuckerberg.

Passer un moment "intentionnel, positif et inspirant"

Le système est simple. Avec la nouvelle mise à jour, il vous suffira d'aller dans vos paramètres pour voir combien de minutes (ou d'heures) vous consacrez à Facebook et/ou Instagram. Vous pourrez aussi configurer une notification vous incitant à prendre congé de l'application à partir d'un moment donné.

Le communiqué associé au lancement de l'outil semble rempli de bonnes intentions : "Nous voulons que le temps que les gens passent sur Instagram et Facebook soit intentionnel, positif et inspirant. Notre espoir est que ces outils [...] favorisent également les conversations entre parents et adolescents sur les habitudes en ligne qui leur conviennent".

Exemple d'utilisation de la nouvelle fonctionnalité sur Facebook
© Facebook/Instagram

Un acte purement philanthropique ? Pas totalement. Rendre la vie meilleure à ses utilisateurs n'est pas la seule préoccupation de ces réseaux. L'objectif est aussi de redorer leur image après plusieurs affaires. Cambridge Analytica et les fake news circulant sur leurs sites sont passés par là. Aujourd'hui, il faut relever la barre. Et suivre une voie déjà entamée par Google et Apple contre les addictions aux écrans.

Une définition compliquée de la dépendance à Facebook

Mais lutter contre la dépendance aux médias sociaux est plus compliqué qu'il n'y paraît. Tout d'abord, quand devient-on accro ? Pas si facile de définir une limite. Sur quels critères s'appuyer ? Est-ce que ces sites peuvent vraiment être tenus responsables de troubles psychologiques ? Pour l'instant, la question fait toujours débat au sein de la communauté scientifique. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne reconnaît ainsi pas une quelconque addiction aux réseaux sociaux.

Ce qui ne veut pas dire que l'utilisation des réseaux sociaux ne partage pas certaines caractéristiques avec le phénomène de dépendance. Une étude réalisée en 2016 sur ce phénomène conclut de cette manière : "La dépendance à Facebook pourrait être liée aux mécanismes de récompense et de gratification du cerveau et semble plus fréquente chez les personnes ayant des traits de personnalité et des états d'humeur tels que l'anxiété, la dépression, le narcissisme, la faible estime de soi".

Dès lors, on pourrait se poser la question de savoir si ce sont ces états psychologiques qui poussent à aller sur Facebook, ou si c'est l'utilisation du réseau social qui entraînerait ces symptômes.

Quid de l'impact de la nouvelle fonctionnalité

En l'état, Facebook et Instagram optent donc pour l'auto-évaluation du temps de chacun sur leurs services. Peut-être qu'en remarquant une utilisation bien plus élevée des réseaux sociaux que chez d'autres, vous changerez vos habitudes. Mais pour ceux qui auraient besoin de ces applications pour oublier leurs problèmes, possible que cet "outil de gestion du temps" ne les touche pas autant.