Eco-débats

Une opinion de Philippe Benijts, Conseiller financier DDEL Portfolio Solution.


En tant qu'investisseur, vous avez tout intérêt à veiller à ce que le patrimoine de votre conseiller financier soit investi dans les mêmes instruments que vous et qu’il paye également les mêmes frais.

Iriez-vous dans un restaurant dans lequel le cuisiner ne fait pas confiance à sa cuisine au point de ne pas oser y manger ou y inviter sa famille et ses proches ? Espérons que non. Si le cuisinier n’a pas confiance en sa cuisine, passez votre chemin.

Assez curieusement, au niveau boursier, il est assez rare de trouver un banquier/gestionnaire qui mange le même pain que ses clients. Trop souvent, le patrimoine des banquiers est géré par une autre institution que celle qui les emploie.

Cette tendance concerne principalement les banques ou sociétés de gestion qui ont une structure de coût élevée. Dans ces institutions, les investissements rapportent malheureusement beaucoup au gestionnaire mais trop peu au client.

Sur les 116 dernières années, un portefeuille obligataire mondialement diversifié a donné annuellement 1,7% après inflation et après frais. Celui qui n’a détenu sur la période que des obligations belges, aura seulement pu bénéficier d’un rendement réel annuel moyen de 0,2%. Quand on sait que le coût moyen d’un fonds obligataire géré activement en Belgique est de 1,6% par an, on comprend que le gestionnaire se taille la plus grande part du gâteau pour ne laisser que les miettes à l’investisseur. Alors que c’est ce même investisseur qui prend tous les risques…

Une récente étude de Morningstar explique que la moitié des gestionnaires de fonds américains n’ont pas investi 1 $ dans leurs propres fonds. Un autre élément de l'étude démontre que les fonds qui ont particulièrement bien performé sont ceux dans lesquels les gestionnaires sont eux-mêmes investis…

Un conseiller financier qui détient les mêmes instruments financiers que ses clients sera confronté à la qualité de ceux-ci. Son processus de sélection ainsi que son analyse du risque et du rendement seront réalisés en profondeur. Au final, ne subsisteront logiquement que les meilleurs instruments financiers. A ce moment-là, vous n’aurez plus aucune méfiance à propose de votre banquier mais le considérerez comme un partenaire qui défend vos intérêts.

Si vous avez la chance de trouver le banquier qui est prêt est à vous montrer la composition de son portefeuille, posez-lui une seconde question et demandez-lui s’il paye les mêmes frais que ses clients. Si tel est le cas, vous pouvez être certain que vous payez le juste prix.

A l’avenir, lorsqu’un banquier vous offre sa carte de visite, vous saurez quoi lui demander !