Eco-débats

Nonante-deux pour cent des Belges ont déjà entendu parler du commerce équitable. En 2014, ils n’étaient que 85  %. L’an dernier, ils ont consacré en moyenne 12,15  € à l’achat de produits équitables, contre 10,34  € un an auparavant. De plus, le nombre de personnes indiquant acheter régulièrement des produits augmente lui aussi, passant de 37 à 43  %. Ce qu’ils ont acheté ? Les classiques d’abord : à savoir le café, le cacao et les fruits, bananes en tête. Un dernier chiffre : les ventes de produits équitables se sont élevées l’an dernier à 137 millions d’euros.

La Semaine du commerce équitable qui débute ce mercredi, initiative du Trade for Development Centre (TDC) de la CTB (Agence belge du développement) qui a récolté les données chiffrées, est l’occasion idéale pour lancer un défi : faire mieux !. Faire de la Belgique, d’ici 2020, le pays du commerce équitable, pas moins. Comme il y a déjà des communes ou des provinces du même nom.


7 objectifs

Concrètement, que faire pour mériter ce titre ? Atteindre 7 objectifs… “que l’on va probablement rehausser au vu des chiffres de 2015”, sourit Samuel Poost de la CTB :

1) arriver à un taux de 95  % des Belges qui ont entendu parler du commerce équitable;

2) que chaque Belge achète pour environ 15  € de produits équitables;

3) que toutes les grandes chaînes de supermarchés proposent de tels produits, ce qui est déjà le cas;

4) que 51  % des communes belges soient des communes équitables, contre 32  % aujourd’hui;

5) que la moitié des provinces belges aient décroché le label de province équitable contre 4 actuellement, au nord du pays (Flandre occidentale, Flandre orientale, Anvers et Brabant flamand);

6) que 80  % des parlements/ministères fédéraux, régionaux et communautaires achètent au moins deux produits équitables;

7) que le commerce équitable soit mentionné 600 fois par an dans la presse, de quoi parler des nouveaux produits, secteurs et acteurs et montrer que ce commerce évolue constamment.

Une Semaine et des tas d’activités

Evidemment, la Semaine qui lui est dédié, 15e édition du genre, propose un vaste programme d’animations et d’activités, du défilé de mode éthique au marché du terroir à Libramont, à l’inauguration de “Dison, commune du commerce équitable” ou, les 8 et 9 octobre, aux “petits déjeuners” d’Oxfam-Magasins du monde qui fêtent leurs 25 ans cette année.

La grande distribution booste les ventes

C’est évidemment le moment idéal pour mettre en avant ce type de commerce respectueux des petits producteurs du Sud, que ce soit en classe, au bureau, dans son quartier ou… dans les magasins. Car c’est grâce à la grande distribution, qui met les produits à la disposition de ses clients, que les ventes progressent le plus, même si la marge de progression est énorme : pour l’heure, le taux de pénétration (rapport entre le nombre de références équitables et l’assortiment total proposé) de ces produits est encore de moins de 1  %, souligne la CTB…

C’est Delhaize qui a fait office de pionnier en la matière, il y a 27 ans déjà. Les autres ont suivi : Carrefour, Colruyt mais aussi Lidl et Aldi. C’est d’ailleurs dans un supermarché Delhaize, à Denderleeuw, qu’a eu lieu la conférence de presse pour annoncer la Semaine, en présence du ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, avec la possibilité de déguster un large assortiment de produits équitables.

Ces douze derniers mois, les ventes de produits labellisés Fairtrade ont augmenté de 15  % chez le distributeur. La hausse est également au rendez-vous chez Carrefour, qui, lui aussi, affiche un assortiment de plus en plus large. “Le produit le plus vendu est la banane qui est labellisée Fairtrade, bio et vendue quasiment au même prix qu’une banane ‘de marque’, explique le porte-parole. Ce qui incite le client à l’acheter et pour lui, c’est souvent le premier pas vers d’autres achats.”

Et plus l’offre est diversifiée et importante, plus les ventes suivent. Il s’agit en effet de toujours davantage créer de débouchés au Nord pour une offre du Sud qui, aujourd’hui, reste supérieure à la demande, note Nicolas Lambert, directeur de Fairtrade Belgium (ex-Max Havelaar).

"Les “plaisirs coupables sont permis”, dit Fairtrade Belgium

De son côté, Fairtrade Belgium appelle les consommateurs pendant cette Semaine “à remplacer les petits plaisirs par des plaisirs non coupables” parce que “vos petits plaisirs coupables sont permis”. Alias le petit carré de chocolat, etc. “De petits gestes peuvent faire la différence… tout en nous comblant de plaisir”, dit l’organisation qui ajoute: “Par des actes concrets, le consommateur peut inverser la tendance”. Fairtrade Belgium “veut conscientiser chaque consommateur à propos du pouvoir qu’il détient chaque fois qu’il doit faire un choix”. En optant pour des produits Fairtarde (chocolat, fruits, etc.), les petits producteurs du Sud obtiennent des revenus justes et corrects. “Producteur, consommateur, supermarché, tout le monde y gagne !” Et l’organisation invite tout le monde à partager sur le site plaisirsnoncoupables.be du 5 au 15 octobre ses plaisirs non coupables en prenant un selfie ou un petit clip vidéo. Avis aux amateurs…