Emploi / RH

La décision de Bpost de délocaliser vers l'Inde 200 informaticiens externes à l'entreprise n'engendrera pas de chômage supplémentaire en Belgique. La demande de spécialistes IT en Belgique est en effet bien plus grande que l'offre, a jugé mercredi le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) en commission de la Chambre. En charge des Entreprises publiques, le ministre a été bombardé de questions de parlementaires sur la récente décision controversée de l'opérateur courrier. "Le fait qu'il y ait neuf questions parlementaires différentes sur ce seul sujet montre clairement qu'il y a un problème", a relevé Jean-Jacques Flahaux (MR).

Le ministre De Croo a minimisé les conséquences de la décision. Il n'y aura aucun licenciement et personne ne se retrouvera au chômage. L'opération sera phasée jusqu'en décembre 2017. D'ici là, les 200 informaticiens externes concernés auront tous retrouvés du travail, a-t-il assuré. "Il y a un manque criant de spécialistes IT en Belgique. Rien qu'à Bruxelles, on en cherche 3.000".

Le député David Geerts (sp.a) s'est étonné du discours rassurant du ministre, "contrairement à sa réaction lors de l'annonce de cette délocalisation d'emplois". Pour le député, il ne s'agit dans le chef de Bpost qu'une opération visant à maximiser ses profits. "Il aurait été logique que ce gouvernement, qui ne parle que de +jobs, jobs, jobs+, développe une politique pour contrer ces pratiques d'outsourcing", a-t-il jugé.

L'opérateur postal belge emploie actuellement quelque 200 informaticiens en interne. Il fait toutefois appel à une centaine de fournisseurs extérieurs qui lui apportent 200 informaticiens freelance spécialisés dans différents domaines.

Cet éparpillement complique toutefois la conduite d'une stratégie à long terme, selon Bpost. Raison pour laquelle l'entreprise a décidé de se tourner dorénavant vers deux entreprises indiennes, à savoir Infosys et Tata Consultancy.

Belga