Emploi / RH

 Les bouleversements annoncés du monde du travail constituent des challenges massifs pour les gouvernements et les entreprises. Un rapport récent du McKinsey Global Institute décrit le futur du travail à la lumière de la situation actuelle. Partout dans le monde, le marché du travail évolue entre chômage et sous-utilisation des compétences. Au total, estime McKinsey, 30 à 45 % de la population en âge de travailler sont "sous utilisés" (sous employés, sans emploi ou inactifs). Un phénomène qui touche quelque 850 millions de personnes pour les seuls territoires des Etats-Unis, du Royaume Uni, du Japon, du Brésil, de la Chine et de l’Inde. Parmi eux, les jeunes et les femmes représentent les deux segments les plus sous employés.

Intitulé "Technology, jobs and the future of work", ce rapport revient en particulier sur trois sujets : la situation des Millennials, le rôle d’Internet et l’automatisation des emplois dans le futur du travail. Pour Sophia Qadiri, analyste chez L’Atelier, la cellule de veille de BNP Paribas, "les jeunes de la génération Y arrivant sur le marché ou y étant depuis peu sont mal préparés au marché du travail à la fois d’un point de vue technique (en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) mais aussi en ce qui concerne les compétences relationnelles et humaines (en termes de communication, travail d’équipe, ponctualité). Pour 40 % des employeurs, le manque de compétences est la raison principale de vacance des postes élémentaires, pourtant les Millennials se disent souvent surqualifiés pour leur travail."

Actuellement, près de 4 milliards d’individus, dont 75 % dans 20 pays, ne sont pas connectés à Internet. Mais l’accès à la technologie n’est pas tout, précise McKinsey, la formation, l’éducation et la structuration des talents digitaux dans ces territoires restent à organiser. Afin d’éviter qu’une trop large part de la population ne se retrouve isolée par son incapacité à s’adapter, les systèmes éducatifs devront élever le niveau des qualifications pour répondre aux multiples facettes évolutives d’un travail nécessitant des compétences transversales.

Enfin, l’automatisation du monde du travail, cette quatrième révolution industrielle à la fois attendue et redoutée, ne se limitera pas au secteur manufacturier. Dans le portrait dressé par McKinsey, l’automatisation n’épargne personne, mais certains professionnels ont moins de craintes à avoir pour l’avenir de leur métier. Les infirmières et les médecins, de même que les enseignants et les gestionnaires sont difficilement remplaçables, en raison de l’importance des relations interpersonnelles dans leur quotidien. "La grande question sera de savoir où et comment profiter de l’automatisation, compte tenu des coûts liés au fait de remplacer un travailleur par une machine", soulignent les auteurs du rapport.