Emploi / RH Ils peuvent coûter jusqu’à 30 % de moins que les étudiants majeurs.

Le gouvernement Michel a décidé de faciliter le travail des étudiants de moins de 18 ans qui ne pouvaient jusqu’à présent pas travailler le dimanche, contrairement à leurs aînés de plus de 18 ans, sauf quelques rares exceptions (Horeca et boulangeries, notamment).

"Cette mesure sera en vigueur au plus tard le 1er janvier 2018 après avis des comités paritaires", précise le document reprenant les différentes mesures adoptées voilà une semaine dans le cadre du budget 2018.

"Nous estimons qu’il s’agit d’une bonne mesure", remarque Sven Nouten, responsable communication du Syndicat neutre pour indépendants (SNI). "É tant donné que notre société évolue, il nous semble logique que des jeunes de 16 ans puissent aider dans toutes sortes de secteurs le dimanche".

Même appréciation favorable du coté de l’Union des classes moyennes (UCM). "C’est un plus pour l’employeur, qui peut trouver une main-d’œuvre très souvent motivée, à un coût raisonnable, pour des activités saisonnières, faire face à des pics de demande ou réaliser des travaux de mise à jour ou de classement", souligne Thierry Evens, porte-parole de l’UCM, pour qui cette évolution législative est un win-win. "C’ est un plus pour l’étudiant qui gagne - de façon déclarée et donc avec toutes les assurances voulues et protections en vigueur - de l’argent parfois nécessaire à la poursuite de ses études dans de bonnes conditions".

Le ton est par contre différent du côté syndical, ou du moins à la CSC, la seule des trois organisations à avoir réagi à cette problématique.

"La priorité ne devrait pas être de flexibiliser davantage le recours au travail des étudiants mineurs mais d’augmenter leurs salaires", explique Ludovic Voet, Responsable national des Jeunes CSC.

"Ils subissent en effet de plein fouet la discrimination salariale liée à l’âge car l’employeur, en plus de ne payer que peu de cotisations sociales, peut également payer un salaire horaire jusqu’à 30 % moins cher aux jeunes de 15 et 16 ans et de 24 % aux jeunes de 17 ans", poursuit-il.

Cela concerne pas mal de monde : quelque 112.164 jeunes de moins de 18 ans ont travaillé en 2016, soit un étudiant sur trois. "Les moins de 18 ans ont reçu une moyenne de 61,96 euros par jour de travail quand l’ensemble des étudiants jobistes payés au moins au salaire minimum gagnaient en moyenne 81,60 euros par jour", note encore Ludovic Voet.