Emploi / RH En compétition depuis deux jours à Abu Dhabi, l’équipe belge a bien démarré.   

L’esprit d’équipe, c’est essentiel. Les 16 jeunes qui représentent la Belgique au Mondial des Métiers (Worldskills), compétition internationale de métiers techniques et manuels, l’ont bien compris. Chaque matin, à 7h, pour bien démarrer leur journée, ils poussent leur cri de ralliement, placés en cercle, se tenant par les épaules. Leur cri : "On est fantastiques". "Cela nous donne plein d’énergie", note Clément Jacqmain, candidat en "service en salle". Et de l’énergie, il en faut pour affronter ces quatre jours intenses de compétition, où plus de 1 300 jeunes venus du monde entier démontrent leurs talents dans 51 métiers. Il faut rester concentré face aux regards curieux des quelque 100 000 visiteurs attendus. Face à l’immensité des lieux aussi : plus de 100 000 m² et des kilomètres d’allées superbement entretenues par une armée de balayeurs. Ici, comme dans toute la ville d’ailleurs, rien n’est laissé au hasard. Tout est dans la démesure : espaces de compétition et de détente, sécurité (séparée pour les hommes et les femmes), sans oublier l’air conditionné qui tourne au maximum…

Bêtes de concours

Si la compétition a bien démarré pour la plupart des candidats, l’équipe belge reste bien réaliste. Il sera difficile de décrocher une médaille tant la concurrence est rude. Il faut dire que certains concurrents sont de vraies bêtes de concours. "Pieter a eu 440 heures de formation depuis sa sélection. C’est déjà pas mal. Le candidat américain en a eu 6 000", explique Raphaël Colle, expert en soudage, en évoquant la préparation de son candidat. "Certains sont des robots", note de son côté Lionel Van Royen, candidat en cuisine.

"Nos candidats sont peut-être aussi trop jeunes", avance Francis Hourant, directeur de Worldskills Belgium. "Ils n’ont pas l’expérience pour réagir face à l’imprévu et au stress. Ils font alors des erreurs." Des imprévus, il y en a toujours. Et notamment au niveau des matériaux fournis par l’organisation. En cuisine, c’est le lait qui est plus épais que chez nous; en carrelage, ce sont les carrelages eux-mêmes. "Ils sont plus lourds et glissent un peu quand on les pose. La découpe est aussi plus difficile", raconte John Pauquet, candidat en carrelage.

Mais la médaille n’est pas l’essentiel. "Je dis toujours aux compétiteurs : faites de votre mieux. Et puis on verra", explique Philippe Kever, l’expert en technologie automobile. "Nous ne sommes pas que dans la compétition", précise Francis Hourant. L’objectif est aussi de faire progresser les niveaux de nos jeunes, d’observer ce qui se fait ailleurs pour améliorer nos formations. Le mondial n’est pas que compétitif. Il est aussi formatif. Chacun apprend de ses erreurs."