Emploi / RH

Il y a un consensus entre propriétaires et locataires de terres agricoles pour réformer le bail à ferme. Les lenteurs de la Région wallonne risquent de barrer l’accès à la terre.

A l’approche de la Foire de Libramont (28-31 juillet), c’est tout le monde agricole qui donne un dernier coup de collier. Dont font intimement partie les propriétaires-bailleurs wallons. Eux, c’est un coup de gueule qu’ils ont décidé de pousser face à la nonchalance de la Région wallonne dans la refonte du bail à ferme. Après une période de forte animation, riche en colloques et autres tables rondes, elle s’est arrêtée. A dire vrai, quasiment après avoir légiféré sur les coefficients de fermage (fixation des loyers des terres agricoles). "Les fermages ont été revus, mais revus à la baisse, note Séverine Van Waeyenberge, juriste et secrétaire générale adjointe de NTF, l’association wallonne de défense des propriétaires de terres agricoles et de forêts. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. On a perdu une guerre. On ne veut pas perdre la deuxième."

Exemples flagrants loin d’être anecdotiques

La deuxième, c’est la réforme du bail à ferme que les propriétaires ne veulent pas cosmétique mais profonde, avec toute une série de revendications précises. "Car ce bail démotive terriblement les bailleurs qui sont nombreux à vouloir en sortir", insiste-t-elle, détaillant toute une série d’abus dont certains permis par la loi. "Je parlerais d’effets pervers d’une loi trop protectionniste que certains agriculteurs ont appris à détourner", ajoute-t-elle. Et d’évoquer, au titre d’exemple flagrant, cet agriculteur arrivant à l’âge de la pension qui, bien qu’ayant signé un contrat écrit assurant qu’il rendrait la terre à son propriétaire à ses 65 ans, la plante en catimini de sapins de Noël; et le voilà reparti pour… 12 ans !