Emploi / RH

"On retrouve pratiquement les mêmes depuis vingt ans !", note d’emblée Geert Vaerenberg, directeur d’Experis Belux (ManpowerGroup) à propos du top 10 des métiers en pénurie repris par le spécialiste RH (voir infographie). Si certains sortent du top 10, c’est pour y revenir très vite. Il s’agit de métiers dans lesquels les jeunes qui s’y lancent sont quasi sûrs de décrocher un emploi. "Plusieurs éléments expliquent ces pénuries. Il y a notamment une inadéquation entre l’offre et la demande. On a, par exemple, trop peu d’ingénieurs qui sortent des écoles par rapport aux besoins des entreprises. La demande est parfois très importante alors que certains métiers ne sont pas considérés comme attractifs, pour les horaires difficiles par exemple si l’on pense aux infirmières." Reste à attirer plus de jeunes dans ces filières…

Autre constat : il existe un déficit qualitatif. "Les compétences des candidats à un poste ne correspondent pas nécessairement aux compétences recherchées par l’employeur. En IT notamment, cela évolue tellement vite que certaines compétences n’existaient même pas il y a quelques années."

Former des talents

Pour faire face à cette pénurie, les entreprises ont plusieurs solutions. "Si elles ne trouvent pas les talents, elles les forment. On voit la différence entre les entreprises qui voient à long terme et décident de former les jeunes et celles qui cherchent quelqu’un de directement opérationnel", note Geert Vaerenberg, qui constate encore que pour les trouver, certaines entreprises se tournent vers l’étranger. "Même en France, il y a des formations qui n’existent pas en Belgique", poursuit le spécialiste qui note une certaine évolution : "Il y a cinq ans, on trouvait pas mal d’informaticiens en Pologne ou en Roumanie. Mais aujourd’hui, ils ont du boulot dans leur pays, avec des salaires qui ont aussi évolué. Certains flux de migration sont à l’arrêt alors qu’ils étaient fréquents il y a quelques années".

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