Emploi / RH Le constat est dressé par Acerta. Et il est interpellant.

L’absentéisme pour cause de maladie est deux fois plus important dans les grandes entreprises que dans les petites. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Acerta auprès de 40 000 employeurs belges. Partons des chiffres : dans les entreprises de plus de 500 personnes, le pourcentage d’absentéisme pour cause d’accident du travail, de maladie physique ou psychosociale s’élève à 8,58 % du nombre de journées de travail. Dans les plus petites, le chiffre n’est que de 4,49 %. Comment expliquer un tel écart ? "Dans les plus petites entreprises, la pression sociale est sans doute plus élevée de rester dans son job que dans les plus grandes sociétés car on est moins facilement remplaçable. Par ailleurs, dans les plus petites entreprises, les gens se connaissent mieux et de manière plus personnelle, là où il y a un plus grand anonymat dans les grandes structures. Il y a donc un meilleur dialogue interne sur les questions de santé des travailleurs", explique Peter Tuybens, directeur chez Acerta Consult.

Autre constat d’Acerta : la forte hausse en 4 ans, de 19,5 % précisément, de l’absentéisme de longue durée. En 2014, le pourcentage d’heures de maladie de plus d’un an était de 2,32 %. Le chiffre a progressé à 2,76 % l’an dernier. "Il faut être attentif à cette évolution d’autant qu’il est de plus en plus difficile de trouver des talents disponibles sur le marché du travail. Les chiffres montrent que les maladies psychosociales progressent davantage que les maladies physiques et accidents de travail. La pression professionnelle s’accroît mais il ne faut jamais perdre de vue que les cas de "burn out" ont toujours une dimension extraprofessionnelle. Cela doit inciter tous les gestionnaires à oser poser les bonnes questions et à avoir un dialogue constant avec les salariés pour détecter à temps les situations problématiques", complète Peter Tuybens.

Enfin, il est surprenant de constater que le taux d’absentéisme pour les maladies de moins d’un mois (chiffres 2017) atteint un record dans la tranche des 30-35 ans, là où les 55-59 ans semblent se montrer nettement plus résistants. De quoi casser certaines idées reçues…

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