Emploi / RH

La concertation a échoué au Comité national des pensions.


La concertation entre syndicats et patrons est décidément difficile sur le thème des pensions. Nouvelle illustration, ce lundi, avec le constat d’échec dressé par les représentants des travailleurs et des employeurs au Comité national des pensions (CNP), concernant la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul de la pension des travailleurs du secteur privé.

Mis en place il y a deux ans, le CNP, chargé de plancher sur les réformes des pensions voulues par le gouvernement Michel, a certes pu aboutir à des accords. Un premier sur le rendement garanti des pensions complémentaires. Et un second à propos du choix de quatre grands critères de pénibilité : les contraintes physiques liées aux charges physiques et à l’environnement de travail, la pénibilité liée à l’organisation du travail, celle qui est due aux risques encourus par le travailleur et la charge mentale ou émotionnelle.

Par contre, sur la mise en place d’un système de pension à points, on en est encore nulle part (LLB 16/9). Et sur la définition précise de la pénibilité du travail (qui est censée donner droit à une pension anticipée), c’est donc l’échec.

Au gouvernement fin 2017

Les syndicats avaient remis une liste de près de 80 critères à analyser pour déterminer si un travail est lourd ou non. Les employeurs n’en voulaient pas : d’une part, ce serait beaucoup trop complexe à gérer; d’autre part, selon eux, seul l’impact du travail de nuit est scientifiquement établi. Pour la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), si l’on suit la piste syndicale, "tout le monde exerce un métier lourd et la réforme perd alors tout son sens".

Pour la FEB, afin de garantir le financement de la sécurité sociale, il faut appliquer la règle générale d’une carrière de 45 ans via la mise en œuvre du système à points. "Par la suite seulement, nous pourrons si nécessaire définir des exceptions sur la base de critères objectifs", dit-elle.

Maintenant que les divergences de vues entre patrons et syndicats ont été actées, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) va reprendre la main. "Il prendra ses responsabilités, assure son porte-parole. Mais des discussions sont toujours en cours au sujet des pensions du secteur public."

Daniel Bacquelaine devrait venir avec une proposition concrète sur la table du Conseil des ministres d’ici la fin de l’année, afin de faire voter les nouvelles règles à la Chambre début 2018, pour une entrée en vigueur en 2019.