Emploi / RH Les salariés seront libres de dépenser leur rémunération comme bon leur semble, selon les informations de la Dernière Heure.

Depuis 2009, les employeurs peuvent payer leur personnel avec des éco-chèques. Il s’agit d’une rémunération supplémentaire destinée à faciliter l’achat de services ou de produits durables et écologiques.

Ces éco-chèques sont très populaires : 1,45 million de Belges en reçoivent. Une manière peu coûteuse pour les employeurs de donner un avantage extra-salarial allant jusqu’à 250 euros par an sur lequel ils ne doivent pas payer de taxes ou de charges sociales.

Mais les quatre partis du gouvernement ont désormais introduit une proposition de loi pour remplacer l’éco-chèque par un montant net qui sera versé directement sur le compte du salarié. "Cette gratification sera libérée fiscalement et aura exactement la même valeur qu’un éco-chèque", insiste la députée N-VA Zuhal Demir. "Personne ne doit donc redouter une perte de salaire parce que l’employeur ne trouverait plus cette compensation avantageuse", complète l’Open VLD Egbert Lachaert.

En résumé : "Les employés gardent leur pouvoir d’achat, les employeurs, leur baisse de charges", selon Stefaan Vercamer (CD&V).

Mais pourquoi les partis veulent-ils la fin des éco-chèques ?

Parce qu'ils causent beaucoup de tracas et de frais. "Les employeurs doivent payer des frais administratifs pour leur conception et leur distribution. Les commerces qui les acceptent paient des commissions élevées aux sociétés émettrices (comme Sodexo ou Edenred). De plus, beaucoup de gens ne savent pas quels produits ils peuvent acheter avec leurs chèques. J’estime qu’environ la moitié des Belges oublient de dépenser leurs éco-chèques avant qu’ils soient périmés. C’est grave. Car il s’agit tout de même d’un salaire".

Tout cela est très bien mais en supprimant ces chèques, l’incitant à dépenser plus "vert" disparaît lui aussi. Parce que si la somme arrive directement sur son compte, on pourra en faire ce qu’on voudra. "C’est juste, acquiesce Egbert Lachaert. Mais aujourd’hui, les magasins font un peu n’importe quoi avec les éco-chèques. On peut aussi bien acheter une chaîne stéréo qu’une machine à laver. Le lien avec l’écologie ou la durabilité a parfois totalement disparu."

Les députés Lachaert et Vercamer ont déjà introduit par le passé des propositions de loi pour jeter l’éco-chèque aux oubliettes. La N-VA se ralliait rapidement à leur texte mais le MR actionnait le frein à main.

Mais le MR David Clarinval a fini par apposer sa signature sous la proposition.

Les partis flamands du gouvernement souhaitent désormais aller plus loin en remplaçant également les chèques repas par une rémunération nette mais là encore, le fossé avec le MR est trop grand pour l’instant.

La date pour le basculement des éco-chèques est fixée à janvier 2018. Comme les quatre partis soutiennent cette proposition, elle ne devrait pas rencontrer d’obstacle.