Emploi / RH

Comme chaque année, l’Institut Molinari publie ses statistiques sur le jour de "libération fiscale" dans les différents pays de l’Union européenne. Cette date est censée symboliser le jour où les salariés commencent à travailler pour eux-mêmes. Autrement dit, le moment où ils ont fini de payer impôts, charges sociales (patronales et salariales) et TVA.

Cette étude, intitulée "Fardeau social et fiscal de l’employé au sein de l’UE", est assez controversée. Elle ne dit rien, par exemple, sur les services offerts aux travailleurs en contrepartie de ce qu’ils donnent à l’Etat.

Certains éléments sont néanmoins intéressants à épingler. Alors que le travailleur belge était le plus taxé l’an dernier, les travailleurs français ont hérité de ce triste honneur, cette année. Le jour de libération fiscale est tombé ce 27 juillet en Belgique, deux jours plus tard qu’en France. Comment expliquer cette évolution ? "Grâce au tax shift orchestré par le gouvernement fédéral, la Belgique a connu la plus forte baisse de la pression fiscale de l’UE" , explique l’Institut Molinari. Notre pays passe d’une pression fiscale globale de 59,47 % à 56,90 %, contre une moyenne de 44,96 % dans l’UE.

La TVA est estimée à la louche

L’étude précise que tous les salariés belges n’y gagneront pas dans les mêmes proportions. "Le tax shift est financé par des augmentations simultanées de taxes sur l’électricité, le diesel et l’alcool, précise l’Institut Molinari. L’effet pour le salarié moyen est directement lié à son mode de consommation. Tout le monde ne sera pas gagnant dans les mêmes proportions, loin de là…"

Un autre élément est assez intéressant à pointer. Comme indiqué plus haut, l’Institut Molinari incorpore les charges sociales patronales dans son calcul de la pression fiscale pesant sur les employés. Et l’étude précise que le travailleur belge améliore sa position dans le classement, en partie grâce à la baisse des charges patronales qui a débuté au deuxième trimestre 2016. Or, ce sont les employeurs qui en bénéficient directement, pas les employés…

En outre, il est intéressant de noter la façon dont l’Institut collecte les données sur la TVA. Comme il est impossible de déterminer si c’est un employé, un indépendant ou un retraité qui a effectué un achat, l’étude évalue le montant global de la TVA à charge des employés. A la grosse louche, l’étude considère que 32,5 % du salaire net des employés est utilisé dans des dépenses de consommation et que la TVA est donc appliquée dessus.