Emploi / RH

La requête sera déposée à la fin du mois auprès du tribunal du travail de Liège, division de Verviers, nous a confirmé le conseil de la plaignante, Me Steve Gilson. L’objet de celle-ci : un licenciement "manifestement déraisonnable et abusif". La plainte dirigée contre la société anonyme de droit public "Le Circuit de Spa-Francorchamps" émane de son ancienne directrice commerciale, Chantal Bantz, licenciée le 18 janvier dernier après sept ans et demi de bons et loyaux services. "Le seul motif qui m’a été donné était que je ne conve nais plus à la fonction pour le futur du Circuit", regrette l’intéressée. Et d’ajouter : "Le jour de l’annonce, on m’a laissé 30 minutes pour quitter les lieux." Un licenciement immédiat (moyennant le paiement d’une indemnité compensatoire de préavis) que conteste bec et ongles celle qui avait jadis été engagée par l’ancien directeur général du Circuit, Pierre-Alain Thibaut, lui-même poussé vers la sortie en décembre 2015.

Depuis l’arrivée en juillet 2016 de Nathalie Maillet à la direction générale de la société, les relations entre cette dernière et la direction commerciale s’étaient fortement détériorées. Au point que Chantal Bantz ait notifié au président du Circuit, François Cornélis, subir une importante charge psycho-sociale au travail, allant jusqu’à envisager une demande d’intervention auprès des services externes de prévention et de protection. M. Cornélis n’a pas souhaité commenter la situation. "Le comité exécutif avait estimé que cette question était de la compétence du management", confie un administrateur de la société. Et d’ajouter : "Mmes Maillet et Bantz avaient des visions divergentes quant à la politique commerciale du circuit, elles ne sont malheureusement pas parvenues à trouver un terrain d’entente."

La numérisation du circuit, l’origine du bras de fer

Ce différend s’inscrit dans le cadre du très ambitieux projet de Nathalie Maillet relatif à la numérisation du circuit que l’on sait cher au ministre de tutelle, Jean-Claude Marcourt (PS). "Je ne me suis jamais opposée à ce grand projet", soutient Chantal Bantz. En l’absence actuelle de notification de la part du tribunal, le Circuit n’a pas souhaité commenter le présent litige, s’attelant à confirmer que cette décision avait été prise "dans le cadre de la mise en place de la nouvelle stratégie du Circuit". C’est l’avocat Olivier Langlet qui a été désigné pour défendre les intérêts de la société.