Emploi / RH Avant un ralentissement du marché de l’emploi ? Federgon se veut rassurant.

Le groupe suisse Adecco, numéro un mondial du travail temporaire a annoncé, mardi, un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre. Sur la période comprise entre juillet et septembre, la progression de ses revenus n’a été que de 2 %, contre 4 % au trimestre précédent. "D’autres groupes mondiaux, comme Randstad ou ManpowerGroup, ont aussi publié des chiffres en baisse par rapport aux trimestres précédents, au niveau mondial mais surtout en Europe", note Paul Verschueren, directeur Research&Economic Affairs et directeur Flandre de Federgon, la fédération des prestataires de services RH. 

Cette dernière avait, elle aussi, annoncé des chiffres qui stagnaient en Belgique, avec une légère baisse en septembre (-0,01 % par rapport à août). "Depuis avril 2018, les chiffres plafonnent, avec de légères hausses suivies de légères baisses. On note un véritable ralentissement", poursuit Paul Verschueren qui avance deux explications. "La première est due à un affaiblissement de la croissance, avec quelques risques mondiaux qui pèsent sur la confiance, comme le Brexit. Ce n’est pas dramatique, mais les chiffres sont moins bons que prévu, même s’ils restent positifs. La deuxième explication est liée à l’augmentation des problèmes de pénuries. Dans certaines régions, il est de plus en plus difficile de trouver les bons candidats.

Un phénomène mondial mais qui est particulièrement accentué en Belgique. "Il existe un problème d’activation des travailleurs dans notre pays. Le nombre de chômeurs bénéficiant d’une allocation est en baisse mais il existe tout un groupe de personnes inactives qu’il est difficile de mettre sur le marché du travail. En Belgique, le taux d’activité - c’est-à-dire le nombre de personnes au travail par rapport au nombre de personnes qui pourraient travailler - est très faible. C’est un véritable défi."

Cinq années de croissance soutenue

Cette stagnation de l’intérim n’inquiète pas Paul Verschueren. "La demande des entreprises reste soutenue. La croissance est toujours positive - même si elle ralentit - et on note de plus en plus de demande de remplacement de personnes qui partent à la pension. Or il manque de jeunes qui rentrent sur le marché du travail. Le recrutement fixe ne faiblit pas. On dit souvent que l’intérim anticipe avec 2 ou 3 semestres ce qui se passe sur le marché du recrutement fixe. Ce sera peut-être le cas, mais je ne veux pas dramatiser. Dans l’intérim, nous avons connu 5 ans de croissance importante. Entre 2012 et 2017, le nombre d’intérimaires en équivalent temps plein a progressé de 36 %. Sur cette période, le niveau de progression de l’emploi a été plus important que ce qu’on pouvait imaginer avec une croissance de l’économie de 1,5 %. Nous sommes vigilants mais pas inquiets."