Emploi / RH Chaque année, les Belges qui choisissent de s’expatrier sont plus nombreux. Leurs qualités sont appréciées à l’étranger. Eclairage.

Plus de 442 000 (exactement 442 189) Belges étaient enregistrés à l’étranger au 1er janvier 2017. C’est 60 737 de plus qu’en 2012. "Certains estiment que ce chiffre est encore plus important car ne sont repris, dans les données du Bureau du Plan, que les Belges qui se sont inscrits à l’ambassade. Or, tous ne le font pas. Selon le Gedap (Groupe d’étude démographique appliquée de l’UCL), 500 000 Belges seraient installés à l’étranger, soit un Belge sur 20", explique David Van Wynsberghe, responsable de l’ASBL International Contacts, organisatrice de l’International Job day qui aura lieu ce 13 février à Bruxelles (1). Des chiffres qui comprennent tous les Belges, qu’ils soient retraités, suivent une formation ou qu’ils travaillent, leurs conjoints et enfants,… "Mais pas les étudiants en Erasmus, qui ne restent que quelques mois", précise David Van Wynsberghe.

Si certaines destinations sont privilégiées (voir infographie), on retrouve des Belges un peu partout à travers le monde. On en compte ainsi 1 844 au Liban, par exemple, 611 en Equateur, 104 au Salvador, 63 au Bangladesh,… "Il y en a même un au Groenland…", relève David Van Wynsberghe.

Leurs motivations ? "Le Belge émigre principalement pour trois raisons. Par ordre d’importance : les raisons économiques (un emploi), climatiques (trouver du soleil) et sentimentales. La distance est un facteur important : moins elle est grande, plus il y a de possibilités de migration moins coûteuse. La distance socio-culturelle et la langue jouent aussi un rôle important. Le fait que les Etats-Unis, le Luxembourg et la Suisse occupent également une place dans le top 10 est étroitement lié à leur réputation de centres internationaux d’affaires."

Les Belges semblent appréciés à l’étranger. Des pays n’hésitent pas à se déplacer pour venir recruter des candidats directement en Belgique. Huit pays seront présents cette année à l’International Job Day pour procéder à des interviews de recrutement : Afrique du Sud, Canada, Danemark, Espagne, de France, Malte, Norvège et Suède. Seront aussi présents les Nations Unies (Unicef, Fao,…) et la Croix Rouge Internationale. Des ambassades et associations seront également là pour guider les candidats intéressés dans les aspects pratiques. Au programme encore : des conférences.

Quels sont les profils les plus recherchés à l’étranger ? Tout d’abord, les ingénieurs et les profils médicaux. "Les formations dans ces domaines sont très bonnes chez nous", constate David Van Wynsberghe. Autres demandes : le tourisme et les call centers. "Parce que les Belges sont plutôt bons en langues. Des call centers situés dans des pays comme la Roumanie, la Bulgarie ou même l’Afrique du Sud apprécient les Belges pour chapeauter et former les équipes locales. Nous avons aussi régulièrement des demandes de nombreuses multinationales belges (comme InBev Solvay, Daikin, Barco,…) qui recrutent, des ingénieurs notamment. Elles recherchent des Belges afin de conserver la culture du pays, la façon de communiquer. Ces derniers sont appréciés pour gérer les équipes sur place et lancer de nouveaux projets. Ces entreprises sont en manque d’ingénieurs mobiles. C’est d’ailleurs comme cela qu’a débuté l’organisation de cette journée dont la première édition a eu lieu en 2011", précise le responsable de l’ASBL dont le but est de promouvoir la mobilité internationale. "Le Belge reste encore peu mobile."