Emploi / RH La fédération patronale (FEB) a sondé 500 jeunes sur leur rapport à l’emploi.

Octobre 2015. La FEB (Fédération des entreprises de Belgique) rassemblait au Brussels Expo des centaines de patrons et quelque 1 700 jeunes autour de la thématique de l’emploi des jeunes. Au programme de ce "Young Talent in action" : conférences, conseils, speed dating,… Forte de ce succès, l’organisation patronale a décidé de renouveler l’expérience. Le forum se tiendra le lundi 2 octobre 2017, au Bozar. "Notre objectif en 2015 était de réduire d’un quart le chômage des jeunes d’ici à la fin de la législature. Il y a deux ans, 88 000 jeunes étaient sans emploi. En 2016, ils n’étaient plus que 75 000. Nous sommes sur la bonne voie mais il y a encore du chemin à faire", estime Pieter Timmermans, administrateur-délégué de la FEB.

Enquête

Pour être au plus près des attentes des jeunes, la FEB a mené une enquête auprès de plus de 500 jeunes de 17 à 27 ans. Avec quelques résultats interpellants, dont "La Libre" a pu prendre connaissance en primeur.

"Plusieurs clichés sont contredits par l’étude", note Pieter Timmermans. "Tout d’abord celui selon lequel le premier emploi est atypique et précaire. L’étude montre, au contraire, que 92 % des jeunes jugent leur première expérience professionnelle ‘positive’. Le deuxième cliché concerne le peu d’esprit d’entreprendre de nos jeunes. C’est faux : un sondé sur deux aimerait démarrer sa propre entreprise. Et les jeunes francophones sont plus nombreux (57 %) à vouloir lancer leur propre entreprise que les jeunes néerlandophones (43 %). Enfin le troisième cliché concerne le fait que les jeunes ne cherchent qu’un emploi lié à leur diplôme : deux tiers se disent prêts à travailler dans un autre secteur. Ils considèrent leur diplôme comme un tremplin et sont très flexibles."

L’enquête révèle aussi les préoccupations des jeunes. Ils estiment important, dans le cadre de leur premier emploi, de pouvoir s’épanouir et se former (dans le top 3 pour 48 % d’entre eux) et de pouvoir conserver un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle (46 %). Question mobilité, un tiers ne souhaite pas consacrer plus de 45 minutes aux trajets domicile-travail.

"Les jeunes lancent aussi des messages très clairs aux entreprises", constate Pieter Timmermans. "Ils estiment que les employeurs demandent trop d’expérience, alors qu’ils n’en ont pas. Je pense que les entreprises ne doivent pas chercher la perle rare, le candidat qui a toutes les qualités. Il faut voir son potentiel et le former."

L’enquête mènera à un débat au sein de la fédération. "Il est important de tenir compte de ce que les jeunes pensent. Ils désirent par exemple changer d’emploi tous les 3-4 ans. Les entreprises doivent l’accepter et leur proposer de travailler dans une autre fonction, un autre service,… Nous aurons besoin de tous les travailleurs si on veut éviter des pénuries sur le marché de l’emploi", note Pieter Timmermans qui demande aux jeunes de choisir des études, certes qui leur plaisent, mais surtout qui offrent des perspectives d’emploi. "Ils doivent être mieux informés. Il faut aussi les sensibiliser aux changements que la société vit et les voir comme des opportunités. C’est sans doute le message que leur délivrera une de nos conférencières : la responsable RH de Facebook, une société qui attire des talents du monde entier."