Emploi / RH Employeurs et syndicats ont commencé à discuter gros sous au groupe des Dix.

Dans quelle proportion les salaires pourront-ils augmenter en 2017 et 2018 ? A cette question, la réponse n’est pas encore connue. Mais patrons et syndicats y travaillent.

Tous les deux ans à pareille époque, les organisations patronales et syndicales, réunies au sein du groupe des Dix, se lancent dans la négociation d’un accord interprofessionnel (AIP), dont la fixation de la norme salariale constitue le cœur. Préalablement, le Conseil central de l’économie (CCE) remet son rapport technique sur les marges maximales disponibles pour l’évolution du coût salarial. Pour ce faire, le CCE se base sur l’évolution passée et attendue du coût salarial dans les trois pays voisins que sont l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Objectif : réduire le handicap salarial et favoriser la compétitivité des entreprises belges. Cette année, le mode de calcul a été revu dans un sens plus restrictif. La modification de la loi de 1996 a été approuvée vendredi par le Conseil des ministres et doit encore être adoptée par la Chambre, mais ce sont déjà les nouvelles règles qui balisent la négociation de l’AIP.

Ambiance constructive

Selon les premières estimations fournies par le CCE, dont "Le Soir" faisait état mercredi, la marge salariale pour les deux prochaines années serait comprise entre 0,9 % et 1,2 %. D’autres sources signalent que le CCE a livré quatre chiffres différents. Quoi qu’il en soit, la marge disponible devrait tourner autour de 1 %.

C’est maintenant au tour des partenaires sociaux d’entrer en action et de négocier la norme salariale, c’est-à-dire l’augmentation maximale que pourront connaître les salaires dans le secteur privé en Belgique en 2018 et 2019.

Vendredi, le groupe des Dix a commencé à discuter des chiffres. Il se dit que syndicats et patrons devraient pouvoir s’accorder. Certains espèrent même pouvoir boucler un AIP lors de la prochaine réunion, prévue le 21 décembre. D’autres soulignent que ce n’est pas du tout une obligation de clôturer la négociation avant la fin de l’année et qu’une réunion est d’ailleurs notée à l’agenda, à la date du 11 janvier 2017.

Au cas où les interlocuteurs sociaux ne parviendraient pas à s’accorder, c’est le gouvernement qui décidera, seul, de l’évolution des salaires.

A noter que cette discussion ne porte ni sur les augmentations barémiques liées à l’ancienneté, ni sur l’indexation automatique, qui fait évoluer les salaires et les allocations en fonction du coût de la vie. Selon les dernières prévisions en matière d’inflation, le prochain dépassement de l’indice-pivot devrait se produire en juillet 2017. Dans la foulée, les salaires devraient augmenter de 2 %.

Mais les discussions pour un AIP ne porteront pas seulement sur l’évolution des salaires. Sur la table, on trouve également la flexibilité du travail, la création d’emplois, la répartition de l’enveloppe bien-être, le retour de la période d’essai (que les employeurs appellent de leurs vœux)...

Un vaste menu et une grande responsabilité pour les partenaires sociaux qui, ces dernières années, se sont souvent quittés sans obtenir d’accord.