Emploi / RH Au Nord du pays, on privilégie un management par objectif; au Sud, un management impliquant les travailleurs.

Le rôle du manager est de mobiliser ses équipes , scande Laurie Pilo, "managing director" d’Ayming Benelux . C’est dès lors important que lui-même soit mobilisé et engagé. Pour diminuer l’absentéisme, il faut jouer sur l’engagement des salariés. Et ce qui fait la différence c’est que cet engagement soit porté par les managers."

Ayming Benelux réalise depuis huit ans un baromètre annuel de l’absentéisme et de l’engagement dans les entreprises. Pour l’édition 2017, la société de conseils s’est focalisée sur les managers. Elle en a sondé 2 843 dans 8 pays, dont 305 en Belgique (1).

Premier constat : plus de six managers belges sur dix (61 %) déclarent n’avoir été absents du travail aucun jour l’an dernier. Un chiffre un peu en dessous de la moyenne européenne (66 %) mais assez proche de celui de l’ensemble des travailleurs (62 % dans l’enquête de 2016). "On note cependant que les managers sont moins absents pour des raisons liées au travail, et donc à un mal-être dans l’entreprise. Leur absence s’explique par des raisons personnelles."

Facteurs de motivation

Autre constat : les managers belges sont plus heureux au travail (90 %) que l’ensemble de la population active. Ils sont aussi plus engagés pour l’avenir de leur entreprise et ont une plus grande fierté d’appartenance.

Mais qu’est-ce qui les motive ? "Leur épanouissement et leur engagement sont fortement corrélés à la santé économique et à la capacité d’innovation de leur entreprise, note encore Laurie Pilo. Leur engagement est aussi plus important quand l’entreprise les soutient, leur donne des outils pour manager les équipes, leur offre des possibilités de développement et de formation et leur accorde une certaine liberté pour appliquer la stratégie et la vision de l’entreprise. C’est vraiment cela qui les motive. Bien plus que le salaire. Trop peu de directions affirment pourtant que l’engagement de leurs managers fait partie de leur stratégie. Or c’est essentiel."

Différences par pays

Réalisée dans huit pays européens, l’enquête ne révèle pas de grandes différences selon les pays. "Et quand on note des différences, il faut le prendre avec des pincettes. Il est important de voir toutes les facettes de la motivation. Un travailleur peut se dire moins engagé mais se considérer comme plus heureux. La perception de l’engagement peut être différente d’un pays à l’autre", précise Laurie Pilo, qui note cependant quelques différences, et notamment dans les pratiques managériales.

"On le voit par exemple quand on fait la distinction entre les néerlandophones et les francophones en Belgique. Les premiers privilégient un management par objectif, les seconds impliquent plus les collaborateurs dans la vie quotidienne de l’entreprise. On retrouve ce type de distinction entre les pays plus latins et les pays plus germaniques."

(1) Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas et Portugal

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