Emploi / RH

Le travail intérimaire a connu une hausse de 9,3% de son activité en 2016, troisième année de croissance consécutive. L'intérim a crû de 32% sur cette période, a indiqué jeudi Federgon, la fédération du secteur, à l'occasion de la présentation de ses chiffres annuels. Au total, 652.338 travailleurs ont presté au moins un jour en tant qu'intérimaire, soit 109.399 équivalents temps plein. La part des étudiants a progressé, à 232.919 contre 217.880 l'année précédente. La proportion de travailleurs expérimentés est toujours plus importante; les intérimaires de plus de 45 ans représentaient en 2016 16,7% du total. La part des intérimaires de 50 ans et plus a augmenté de 17,2%, et celle des plus de 55 ans de 21,2%.

"La forte hausse du travail intérimaire s'explique principalement par le besoin toujours plus important de flexibilité des entreprises", explique le directeur général de Federgon, Herwig Muyldermans. Ces dernières années, on a assisté à une augmentation de la confiance des entreprises, "mais les crises ne sont pas oubliées". Le travail intérimaire permet donc d'engager à moindre risque.

L'indice Federgon, qui rend compte du niveau de l'activité au cours du mois étudié par rapport au mois de janvier 1995 (base 100), a atteint fin décembre 265,0 points en chiffres désaisonnalisés, soit son niveau d'avant la grande récession de 2008.

Néanmoins, "tout le monde s'accorde à dire que les turbulences sur le marché du travail repartent à la hausse", prévient Federgon. La digitalisation risque d'accroître la volatilité du marché de l'emploi et les départs à la retraite au sein de la génération du baby-boom provoquent des tensions supplémentaires sur ce marché, de même que l'intégration des allochtones et des réfugiés.

"Pour que nous puissions assumer pleinement nos responsabilités, il est important que des décisions soient prises rapidement dans un certaine nombre de dossiers", plaide M. Muyldermans. Le dossier du travail intérimaire dans le secteur public est le plus urgent. Et de rappeler que la Belgique est, avec la Grèce, le seul pays européen où subsistent encore des obstacles en la matière. Si des avancées ont été faites par les gouvernements flamand et fédéral, le directeur général "espère que cela figurera dans la déclaration de politique générale du gouvernement wallon après les prochaines élections".

"Moins important, mais tout de même crucial", le secteur veut également avancer vers un "level playing field", soit une égalité de traitement pour tous les prestataires, notamment au niveau du tarif TVA, afin de maintenir leur compétitivité.

Enfin, la fédération lance encore un appel du pied aux syndicats pour conclure au plus vite les conventions collectives de travail (CCT) qui permettront de mettre en œuvre la mesure du CDI pour le travail intérimaire contenue dans la loi Peeters sur le travail faisable.