Emploi / RH

Le baromètre de ManpowerGroup affiche ses prévisions les plus optimistes depuis deux ans. Reste à trouver les bons profils…

Tous les trois mois, ManpowerGroup sonde les employeurs de 44 pour connaître leurs intentions quant à l’embauche de collaborateurs fixes. Son dernier baromètre est très positif. En Belgique, où 750 employés ont été interrogés, la prévision nette d’emploi – soit le différentiel entre le pourcentage d’employeurs prévoyant des embauches et ceux prévoyant des licenciements – est à + 6, soit une hausse de 2 points par rapport au trimestre précédent et de 3 points par rapport à fin 2017.

Une tendance qu’on retrouve dans les trois régions du pays : + 7 à Bruxelles, + 6 en Wallonie et + 5 en Flandre. Mais aussi au niveau mondial : les perspectives sont positives dans 43 des 44 pays sondés.

En Belgique, 9 secteurs sur 10 affichent de l’optimisme, avec, en tête, la construction et le secteur de la finance, l’assurance, l’immobilier et les services aux entreprises. Les employeurs du secteur électricité, gaz et eau sont les seuls à avoir des intentions de recrutement négatives.

“Ces résultats sont très positifs pour le pays. La tendance à une embellie du marché du travail se confirme, même si on note un léger ralentissement de l’intérim en juillet”, remarque Philippe Lacroix, managing director de ManpowerGroup Belux. “Le recrutement fixe se porte très bien cette année. C’était déjà le cas l’an passé. Et je pense que le marché va continuer à bien progresser l’an prochain. L’intérim sera, lui, plus dans la stabilité.”

Métiers en pénurie

Mais si les entreprises prévoient d’engager, une question essentielle se pose : comment trouver les bons candidats ? “Je l’avais dit il y a deux ans : ‘Le jour où le marché de l’emploi reprendra, on aura structurellement un problème de pénurie.’ Cela se vérifie. Un employeur belge sur trois déclare être affecté par les pénuries de talents. On peut s’attendre à un accroissement de la guerre des talents dans de nombreux métiers. Nous observons d’ailleurs sur le terrain que les candidats reçoivent davantage de propositions qu’auparavant”, souligne Philippe Lacroix. 

La question sera de voir si les 28 mesures du ‘jobs deal’ mis en place par le gouvernement fédéral seront à même de réduire le fossé entre l’offre et la demande sur le marché du travail. Le politique a créé un cadre qui apporte plus de souplesse. Mais pour réaliser ces ambitions, il faut que cela suive sur le terrain. Les entreprises et les syndicats ont un rôle important à jouer. Ils doivent notamment mettre le focus sur la formation continue. Il faut résoudre le problème de manque d’employabilité. Il faut former les travailleurs disponibles sur le marché du travail mais aussi ceux qui sont en poste. Ils doivent continuer à se former pour être aptes à d’autres types d’emploi. Charles Michel a parlé de ‘jobs, jobs, jobs’. Il faut maintenant parler ‘employabilité, employabilité, employabilité’.”