Emploi / RH

Qu'il y ait de grandes différences de salaires au sein de la population est une évidence. Mais à quoi cela est dû ? Et qui en profite ?

Gagnez-vous plus ou moins que la moyenne de la population ? Pour en avoir une idée, les services publics fédéraux donnent quelques indices qui permettent de se faire une idée sur la question. Le salaire moyen pour un temps plein se situe ainsi à 3.445 € brut par mois en Belgique. Une somme qui cache évidemment une importante hétérogénéité. Le graphique suivant peut vous aider à mieux prendre conscience de la position de votre salaire par rapport à l'ensemble des Belges.


© Statbel

Le choix du secteur d'activité est capital

Qu'est-ce qui explique ces différences de salaires ? La première réponse, la plus évidente, est celle du secteur d'activités. Celui de la restauration rapporte moitié moins que celui de l'industrie pétrochimique.


Les variations sont encore plus fortes quand on regarde aux professions. Les directeurs de grandes entreprises sont, sans surprise, au sommet de la hiérarchie. Les serveurs et les barmen finissent tout en bas du classement. Ils ne gagnent que 614 € de plus que le salaire minimum légal.


Et tout cela ne représente que des moyennes. Évidemment, d'un individu à un autre, les disparités sont légion.

La loi implacable de l'offre et de la demande

L'Observatoire des inégalités en France propose quelques pistes pour expliquer ces résultats. Ce que l'on pourrait résumer par une "formule magique": la loi de l'offre et de la demande. Un service est fortement demandé alors que peu de personnes peuvent accomplir ce même service ? Jackpot.

C'est la base de la "théorie du capital humain". L'acquisition de compétences permet de se distinguer sur le marché du travail. Ce qui passe notamment par des "coûts de formation".

Par exemple, on peut expliquer en bonne partie le salaire des footballeurs de haut standing avec cette théorie. Ce sport est immensément populaire, la demande est donc énorme. Et en même temps, seuls quelques joueurs peuvent accomplir des miracles sur le terrain. Ils ont le "capital humain" nécessaire. Si on combine ces deux éléments, on arrive à des sommes faramineuses. Même chose pour les artistes. Si le public n'a d'yeux que pour tel ou tel chanteur, ses gains augmentent d'autant.

Les bénéfices

On pourrait aussi mettre l'accent sur les études. Elles incarnent l'idée même de "capital humain". Mais toutes les formations universitaires par exemple ne mènent pas au même salaire. La raison : le potentiel de tel ou tel secteur. Un employé dans la finance pourrait rapporter beaucoup plus au pro rata qu'un professeur. Plus l'entreprise reçoit des bénéfices pour un nombre limité de salariés et plus les salaires sont élevés.

Les sommes accumulées par les traders peuvent étonner par exemple. Même chose pour des chefs d'entreprise. Encore ici, ce serait, en partie, une histoire de bénéfices. Plus la personne est réputée pour ses compétences, et donc pour sa potentielle rentabilité, et plus elle gagne.

La pénibilité, grande oubliée

Dans ce cadre-là, qu'en est-il de la pénibilité du travail ? Le problème, c'est que la dureté de la tâche ne rapporte pas grand-chose si une demande n'est pas présente à la base. Une personne peut persister à proposer tel ou tel bien. Si ce qu'elle propose ne trouve que peu d'acheteurs, cela n'aboutira à rien.

Au contraire, cela marche très bien pour l'industrie pétrochimique, essentielle pour le fonctionnement de la société actuelle. Si un jour il s'avère que ce n'est plus le cas, on pourrait imaginer qu'elle rejoigne le cimetière des anciennes entreprises prospères.

Les forts salaires de la pétrochimie ne sont donc pas étonnants. Ce secteur combine deux éléments fondamentaux pour que cette situation se produise. Son offre limitée continue de répondre à une demande gigantesque et mondiale. Et en même temps, il faut un capital humain à la fois élevé et valorisé pour pouvoir y travailler. Des facteurs concordants dont ne bénéficient pas les métiers défavorisés.