Emploi / RH

Féministe ? Emmanuèle Attout dit volontiers l’être. "On m’a expliqué que dès l’instant où l’on s’occupait des femmes, on était considéré comme féministe. Alors oui, je ne rejette pas cette étiquette, même si je trouve qu’il faut travailler avec les hommes plutôt que contre eux." Et il y a encore du boulot pour que les femmes trouvent leur place au sein des postes à responsabilité des grandes entreprises en Belgique, d’après cette ancienne associée du cabinet de consultance PWC. "Notre pays - où seulement un quart des administrateurs des sociétés cotées sont de sexe féminin - est en retard par rapport à la France ou aux pays nordiques", déplore Emmanuèle Attout.

C’est avec ce prisme "féministe" que la femme d’affaires s’est engagée comme "business angel" il y a de cela deux ans. Une fois par mois, elle assiste aux réunions de "Be Angels" (voir nos éditions précédentes) où différents projets lui sont présentés. "Après ma carrière chez PWC, je me suis dit : ‘Qu’est-ce que je peux faire pour rester dans le monde des affaires sans avoir les contraintes journalières d’un job à plein-temps ?’ Au départ, j’avais une volonté d’aider les femmes à créer leurs entreprises. Mais j’ai vite constaté qu’il y avait très peu de start-up poussées par les femmes."

"On sent vite si l’on a de doux rêveurs en face de soi"

Davantage que le sexe de l’entrepreneur en quête de soutien, c’est donc la personnalité et le projet qui comptent dans le choix de la fondatrice de "Women on board", "un vivier de talents féminins". "Il faut que l’équipe soit très soudée. C’est très subjectif, mais on sent assez vite si l’on a en face de nous de doux rêveurs ou bien des gens qui vont pouvoir concrétiser leur projet. L’objectif est de trouver la pépite, mais on sait que sur dix projets il y en a peut-être deux qui vont bien marcher."

Autant le savoir : un beau discours ne suffira pas pour convaincre la quinquagénaire d’investir ses deniers dans un projet proposé. "Souvent, on est confronté à des gens qui ont des super idées, mais qui ne savent pas les commercialiser ou les industrialiser. Il faut aussi qu’il existe un marché. On peut avoir un produit génial, s’il ne se vend pas, cela ne sert pas à grand-chose."