Emploi / RH Le Belge n’est pas très partisan de travailler jusqu’à 67 ans. Et s’il suivait le modèle scandinave ?

Seul un Belge sur 4 est disposé à travailler jusqu’à 67 ans. Et même 1 sur 2 au-delà de 60 ans. Ces chiffres, issus d’une enquête réalisée par Tempo-Team auprès de 1210 travailleurs et 405 employeurs, expliquent la position de la Belgique comme plus mauvais élève européen avec le taux d’emploi des plus de 50 ans le plus faible : 48 % contre une moyenne européenne de 60 %. "Le nœud du problème est que le Belge ne travaille pas assez avec envie", note Valérie Denis, porte-parole de Tempo-Team. "Un employeur sur 2 prétend que les salariés travaillent surtout parce qu’ils y sont obligés. Un fait que ces derniers confirment. La priorité est l’équilibre entre travail et vie privée. La moitié des travailleurs et un quart des employeurs sous-estiment l’importance d’un emploi captivant." Pour une mise à l’emploi plus longtemps, il faudrait adapter les horaires (selon 2 salariés sur 3) et avoir d’avantage de formations (pour un travailleur sur 2).

"Les Belges pourraient-ils travailler comme des Scandinaves, dont la durée de carrière moyenne est de 41 ans, contre 32 chez nous?", demande Valérie Denis, qui pointe les principaux facteurs de réussite pour l’allongement des carrières dans ces pays : le plaisir du travail, le contenu de l’emploi, la formation, l’encadrement sur mesure, la motivation des aînés, et la collaboration entre jeunes et plus âgés. "Cette dernière solution est gagnante pour tous. Pour les travailleurs plus âgés qui se sentent reconnus pour le travail effectué; pour les jeunes qui sont rassurés; et, enfin, pour l’entreprise qui conserve ses connaissances en interne", note Valérie Denis. "Le travail en équipe permet de mieux se connaître, d’aller au-delà des préjugés, ce qui est important quand on sait que 4 générations - très différentes - se côtoient dans l’entreprise. D’ailleurs, quand on demande comment maintenir les aînés au travail plus longtemps, l’idée d’employer les aînés comme coaches pour les jeunes arrive en 2e position des solutions pour les salariés et en première chez les employeurs."

Développer le mentoring

C’est cette idée du mentoring que l’association Duo for a Job développe avec succès depuis plus de 3 ans. L’idée : mettre en relation des plus de 50 ans - qui sont encore actifs ou non - avec des jeunes issus de l’immigration à la recherche d’un emploi. Les duos se voient pendant 6 mois à raison de 2 heures minimum par semaine. "En trois ans, 480 duos ont été constitués. Quelque 71 % des jeunes ont trouvé un emploi, un stage ou suivent une formation; 52 % ont décroché un job, ce qui représente le double par rapport aux jeunes qui n’ont pas bénéficié d’un mentoring", explique Frédéric Simonart, cofondateur de l’ASBL, qui met en avant les avantages de la formule : "Le jeune bénéficie des conseils d’une personne qui connaît bien le secteur et lui fait profiter d’un réseau, qui peut partager son expérience, le motiver, l’aider à redéfinir son projet professionnel. Les seniors - que nous formons - se sentent valorisés et apprennent à mieux connaître les jeunes et découvrir une autre culture. Les entreprises qui nous envoient des seniors y voient une solution pour l’aménagement des fins de carrière, la possibilité de développer des compétences (coaching, leadreship…) chez leurs aînés. Et puis cela fait aussi partie de leur politique de responsabilité sociétale.