Emploi / RH En deux ans, le nombre de Wallons qui ont trouvé du travail en Flandre a augmenté de 23 %.

En 2016, 16 669 offres d’emploi flamandes ont trouvé preneur en Wallonie. C’est près de 3 000 de plus qu’en 2014, où ce nombre s’élevait à 13 498. C’est ce qui ressort des chiffres communiqués par Philippe Muyters (N-VA), ministre flamand du Travail. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution.

1 - Des offres d’emploi nombreuses

Le nombre d’offres d’emploi est en augmentation constante en Flandre. C’est encore le cas aujourd’hui. Le mois de mars affiche ainsi une hausse de 21 % par rapport à février - un phénomène que l’on retrouve d’ailleurs aussi en Wallonie où l’on a constaté une hausse de 42,5 % du nombre d’offres d’emploi entre mars 2016 et mars 2017. Parallèlement à cela, depuis septembre 2016, le chômage est en baisse constante au nord du pays.

L’augmentation du nombre de travailleurs wallons en Flandre est donc "due notamment à une pénurie sur le marché du travail", explique le ministre flamand du Travail. "I l y a moins de forces de travail disponibles et les entreprises doivent aussi se tourner vers Bruxelles et la Wallonie." De nombreux secteurs ont besoin de main-d’œuvre, à commencer par le commerce, qui occupe 23 % des Wallons salariés en Flandre, notamment autour de Hal-Vilvorde où se trouvent de grands centres de distribution. L’industrie manufacturière se place en seconde position et la construction suit à la troisième place.

2 - Une meilleure collaboration entre le Forem et le VDAB

L’augmentation du nombre de salariés wallons en Flandre s’expliquerait également par le fait que "la collaboration entre le VDAB et le Forem a été renforcée", indique Philippe Muyters.

Depuis 2007, le Forem et ses homologues des autres régions - le VDAB (Flandre), Actiris (Bruxelles), l’ADG (Communauté germanophone) - sont réunis dans l’ASBL Synerjob. Depuis peu, l’échange d’informations entre le VDAB et le Forem a franchi un pas supplémentaire. Les deux offices régionaux s’envoient mutuellement les offres d’emploi. "Le VDAB et le Forem décrivent les compétences qu’une personne aura besoin pour remplir une fonction de manière à avoir une vue d’ensemble , explique le ministre flamand du Travail. Si bien qu’on perd peu de temps à traduire du néerlandais vers le français et vice-versa. "

3 - 244 kilomètres par jour, ou le wallon nomade

Les derniers chiffres du SPF Mobilité (2014) révèlent que le Wallon parcourt en moyenne une vingtaine de kilomètres pour se rendre à son travail, contre une quinzaine pour le Flamand ou le Bruxellois. Pour un Wallon travaillant en Flandre, la distance moyenne entre son domicile et son lieu de travail est de 44 kilomètres.

Selon Serge Fraikin, chef de projets au Forem, " 59 % des 107 563 travailleurs belges occupés dans un autre pays résidaient en Wallonie en 2015. Ce qui est assez remarquable car on a tendance à croire qu’on bouge peu alors que le Wallon est quand même très mobile. "

En 2014, derniers recensements en date, on comptait 52 000 salariés wallons faisant tous les jours route vers le nord. Parmi ceux-ci, Eric Poirier, 55 ans, responsable des opérations de pilotage maritime au port d’Anvers. Du lundi au vendredi, il roule 122 kilomètres pour se rendre de Profondeville, en province de Namur, au port d’Anvers. "S’il n’y a pas de trafic, j’en ai pour 1 h 20-1 h 30 de porte à porte. Le plus gros problème, c’est bien sûr Bruxelles. Mais pour trouver un travail près de chez moi, dans le maritime, c’est compliqué : il n’y a aucune possibilité en Wallonie. C’est sûr, le travail me plaît."