Immo En décembre dernier, à l’annonce de la faillite, les syndicats avaient pourtant évoqué de lourds travaux de désamiantage.

Mi-décembre 2016, le tribunal de commerce de Bruxelles prononce la faillite du Sheraton, le plus grand hôtel de la capitale (30 étages, 500 chambres). En cause, une chute de la fréquentation, mais surtout le désaccord entre son propriétaire, le groupe suédois Nordström, et son exploitant, l’Américain Starwood, sur la prise en charge de travaux de rénovation. On évoquait alors un montant de 25 millions pour le seul désamiantage.

Les 200 travailleurs sont sous le choc. La commune de Saint-Josse aussi. Emir Kir, son bourgmestre, s’inquiète de leur sort et espère qu’un repreneur se fera rapidement connaître. Non sans ajouter, alors, que même si des "travaux restent à faire, il ne faut pas non plus dresser le tableau d’un bâtiment qui serait ingérable. Il remplit tous les critères de sécurité et d’environnement. On parle d’un hôtel en fonctionnement."

Mi-avril 2017, la tour est vendue à Primecity Investment, un groupe allemand coté en Bourse qui acquiert et repositionne des hôtels sous-performants avant de les louer à des enseignes (Mercure, Holiday Inn, Radisson Blue…).

Fin octobre 2017, un projet se dessine auquel la commune de Saint-Josse donne son accord de principe. Soit un mix entre hôtel et apparts-hôtel qui œuvrerait sous le nom de "Rogier Hotel", avec des commerces au rez-de-chaussée, voire sur 2 à 3 niveaux, et un restaurant panoramique sur le toit… Et d’évoquer la rénovation de certains étages suivie d’une occupation temporaire dès 2018 pour relancer l’activité avant de s’attaquer au reste.

Mais quid du désamiantage ? "Comme quantité de bâtiments datant des années 60 et 70, il y a de l’amiante dans le Sheraton, confirme un expert. Mais cela ne pose problème que si l’on touche aux techniques spéciales, aux gaines… Autrement dit, si on décide de reconvertir les lieux en bureaux, logements… Pas si l’on se contente de rénover les chambres."

"L’amiante n’est pas un problème insoluble"

"L’objectif de la commune est d’éviter un chancre et la formule de rénovation par étage nous convient. On est des facilitateurs et ce que l’on veut, c’est faire avancer la ville. Ce projet est par ailleurs porteur d’activité économique", commente à présent Emir Kir, qui évoque la demande d’emplois à proximité.

"Cette reprise est une aubaine, une opportunité. Et avec ce projet on est dans des formules novatrices", ajoute-t-il, tout en expliquant l’empressement de Primecity par l’urgence "de ne pas perdre le rayonnement international que le Sheraton avait". Sans occulter le problème de l’amiante. "Les bourgmestres sont garants de la sécurité, dit-il. C’est une obligation d’avoir l’avis positif des pompiers et le Sheraton l’avait (l’attestation datait de 2013 pour une validité de 5 ans, NdlR). L’amiante peut être traité, ce n’est pas un problème insoluble. Des bureaux d’études font cela tous les jours."

Pour le syndic de l’ensemble du complexe, qui compte aussi l’immeuble de bureaux voisin, on est loin d’une reprise de l’activité. "A ma connaissance, ce qui a été discuté avec la commune est un mix de plusieurs scénarios et d’idées qui circulent au sein de Primecity. L’important est de voir ce qui pourrait ou non être accepté par la commune, puis calculer le coût et faire des arbitrages." Le nom "Rogier Hotel" non accolé à une grande marque hôtelière pourrait presque en être une preuve étant donné que Primecity cède toujours la gestion de ses hôtels. Et de confirmer que "l’amiante est sous contrôle. Mais si le projet s’avère plus ambitieux, il faudra faire quelque chose".