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"Les gens nous voient parfois encore comme des pousseurs de brouettes…", note Francis Carnoy, directeur général de la Confédération construction wallonne (CCW), qui entend bien faire rentrer les entreprises de la construction dans le monde numérique. "A moyen terme, il s’agit d’une question de survie", estime le patron de la CCW, qui entame en mai un roadshow de sensibilisation (voir ci-contre). "Il faut être prêt pour faire face à la concurrence internationale, au niveau des produits, des hommes et des entreprises. Une société allemande ou française peut aujourd’hui facilement décrocher un contrat sur Namur. Les évolutions technologiques permettent notamment une réduction des coûts, indispensable pour être concurrentiels."

La construction occupe le milieu du classement des secteurs d’activités triés suivant leur niveau de digitalisation. Ainsi, selon une enquête réalisée par Digital Wallonia, dans le sud du pays, la construction (installation et finitions) affiche un score de 28 pour la digitalisation de l’organisation du travail; de 25 pour le gros œuvre. Les meilleurs élèves sont les Tic (technologies de l’information et de la communication), la finance, l’audit et les médias avec un score de 43; le moins bon est l’Horeca (16).

Mais quelles sont les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies ? "Les applications sont très nombreuses dans la construction", estime Francis Carnoy.

1. Pointons tout d’abord les technologies de base, que l’on retrouve déjà dans d’autres secteurs, comme les devis en ligne, l’e-commerce, la facturation électronique ou encore la soumission électronique aux marchés publics. "Une entreprise qui n’est pas informatisée n’existera plus dans 5 ans. Or un certain nombre de sociétés du secteur n’ont même pas d’adresse email ou de site Internet et travaillent encore avec des fax !", assure Francis Carnoy, qui cite également au rang des évolutions les machines à commandes numériques et l’impression 3D de pièces de chantier ou d’objets à reproduire. "Cette technique peut être très intéressante pour la restauration du patrimoine notamment."

2. Le BIM (Building Information Modeling) ou modélisation des données du bâtiment fait aussi partie des évolutions du secteur.

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