Immo L’économie circulaire, qui redonne vie à une série d’objets, a le vent en poupe.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme." C’est un peu l’adage de l’économie circulaire. Un tel type d’économie fonctionne en boucle, se passant ainsi de la notion de déchet. "Recycler et réutiliser, cela crée bien plus d’emplois que de fabriquer et jeter", explique Céline Fremault, ministre bruxelloise (CDH) de l’Environnement. "Et c’est de l’emploi local."

D’après sa définition officielle, l’objectif de l’économie circulaire est de "produire des biens et services tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières, et des sources d’énergie non renouvelables". Les déchets de certains deviennent ainsi un actif pour d’autres.

A Bruxelles, le concept commence à prendre de l’importance. Avec notamment un secteur : la récupération d’objets en tout genre lors de la rénovation ou la destruction de bâtiments. "Le bâti est l’un des plus importants gisements de matières premières à Bruxelles", rappelle Céline Fremault. Chaque année, des milliers de mètres carrés de bureaux ou logements sont ainsi détruits ou rénovés.

Et, faute d’acquéreurs, des milliers de tables, luminaires, portes… sont jetés. C’est sur cette pépite, encore très peu exploitée qu’a misé Rotor, une start-up qui occupe un vaste entrepôt du côté de Cureghem à Anderlecht.

Au milieu de l’entrepôt, on retrouve des pierres bleues, des carrelages, des chaises, des lavabos… récupérés sur des chantiers belges ou même français. "Les grands chantiers sont les seuls qui sont intéressants pour notre activité", explique Maarten Gielen, l’un des créateurs de Rotor qui emploie désormais une vingtaine de personnes.

Dans le textile ou l’alimentation aussi

En vente pour l’instant, des portes et des luminaires de l’hôtel de ville d’Anvers, récemment rénové. "Un tiers de nos revenus viennent de la prime à l’enlèvement et le restant de la revente, explique M. Gielen. Il faut aller vite car les promoteurs immobiliers et les entrepreneurs détestent perdre du temps." Si la vente des objets récupérés est avant tout réservée aux professionnels (architectes ou entrepreneurs), Rotor a également un magasin destiné aux particuliers.

A Bruxelles, un Plan régional d’économie circulaire (Prec) de près de 13 millions d’euros a été voté récemment pour booster ce type d’activités, que ce soit dans l’alimentaire, le textile… La Région espère que d’ici 4 ans, 200 entreprises deviennent actives dans l’économie circulaire.

Un fonds (1,5 million d’euros) a aussi été mis en place afin de financer les entreprises qui adoptent les modèles d’économie circulaire. "Le pouvoir public donne l’impulsion et l’exemple", explique le ministre régional de l’Economie Didier Gosuin (Défi), "mais l’idée est d’en faire une vraie activité commerciale, sans subvention. Ces entreprises doivent pouvoir exister de par leurs propres activités. De nouveaux métiers, comme les ouvriers valoristes, vont aussi être créés." Et la créativité est au rendez-vous : une société bruxelloise fabrique de la litière pour chats à partir de vieux papiers.  


Photo d'illustration.