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Après le passif, désormais un acquis, la durabilité dans la construction cible l’économie circulaire et l’agriculture urbaine.

"On observe actuellement un point d’inflexion des consciences dans nos sociétés", analyse Olivier Barré, senior partner au sein du bureau d’architectes bruxellois Modulo et président fraîchement élu du cluster d’entreprises en construction durable soutenu par la Région bruxelloise Ecobuild.brussels. "La question de savoir si l’on se dirige dans la bonne direction nous occupe depuis quelques années et débouche sur diverses réflexions : environnementales (comment vivre en accord avec notre planète ?), sociales (comment améliorer le bien-être au travail, comment considérer la famille…), etc."

Des initiatives entrepreneuriales

L’une des plus prégnantes étant sans conteste la réflexion sur la durabilité. Et notamment au sein du secteur de la construction puisqu’il fait partie des plus pollueurs (consommation d’énergies fossiles, production de déchets…). "A Bruxelles, on a beaucoup parlé de passif, jusqu’à faire figure de pionniers avec l’objectif Passif 2015", poursuit Olivier Barré. C’est désormais un acquis, au sein de la capitale et dans le reste du pays. Quand on réalise un projet neuf, le fait qu’il soit passif ou plus performant encore est entendu. Il faut passer à la suite, considérer d’autres avancées."

Telle que l’économie circulaire - soit la circulation des ressources en boucle pour mieux les préserver -, le "nouveau cheval de bataille en matière de durabilité." Le réemploi des déchets de construction est l’une des pistes privilégiées, mais aussi, à plus grande échelle, la production de matériaux destinés à pouvoir être réutilisés à d’autres fins que celles pour lesquelles ils ont été issus. De nombreuses initiatives citoyennes et entrepreneuriales abondent en ce sens, souvent soutenues de près ou de loin par les autorités publiques. Lesquelles ont d’ailleurs adopté, à Bruxelles, un Programme régional en économie circulaire (PREC) en mars 2016 courant sur les 5 années à venir. "Personne ne prétend que chaque pas qui est fait est le bon, mais si aucun mouvement n’est amorcé, même infime, même en faisant un détour, on n’avance pas", prévient le président d’Ecolbuild. "Certaines initiatives sont plus locales et relatives, mais toutes vont dans le même sens."

L’agriculture urbaine est une autre voie de changement, quoique prise non pas au sens intensif du terme, mais plutôt anecdotique, participatif. "On voit de plus en plus de potagers et de serres peupler les édifices en ville", décrit Olivier Barré. "Ces cultures, généralement installées au sein des entreprises ou sur les toits de magasins, d’écoles, de bibliothèques et autres structures similaires ne vont pas nourrir la planète, mais plutôt recréer du lien." Du lien social, puisque ces ‘urban farmers’- des employés, des familles… - partagent une même activité inédite. Mais aussi du lien avec la terre. In fine, ces initiatives visent à améliorer le quotidien des gens (bien-être au travail…) et à les sensibiliser à l’écologie.

Valeur immobilière

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